2h15. Quel jour on est ? Ah oui, c’est un jour de travail. On doit être jeudi ou vendredi. À moins qu’on ne soit mercredi. Mais si mon réveil sonne, c’est que ce n’est pas le week-end. Ou alors, je suis en train de dormir et je fais le cauchemar que mon réveil sonne et je dois me lever. Bon, allez, du nerf, de bœuf ! Hardi, moussaillon ! Debout les gars, réveillez-vous, il va falloir en mettre un coup. Je retiens encore un peu le pipi du matin en allant d’abord boire un coup dans la cuisine, prendre ma montre pour l’emporter dans la salle d’eau et tenter de me rafraîchir les idées tout enchiffonnées par une nuit bien trop vite écourtée. Se laver les dents et le reste. S’habiller. Surtout ne pas oublier de prendre des fruits et mon sandwich préparé hier soir. Et la poubelle. De toute façon, par nature, je suis opérationnel et comme je n’ai pas le choix…

14h30. Quel jour on est ? Ah oui, c’est le même jour que ce matin sauf que là, je viens de dormir sur la terrasse, allongé dans mon fauteuil relax. Tout à l’heure, j’avais les jambes au soleil mais là, je suis intégralement à l’ombre et comme il y a du vent, je n’ai pas très chaud, tout léger que je suis vêtu : d’un simple caleçon de ville recouvrant un slip et d’un débardeur. Avec mes tongs aux pieds, je fais touriste en goguette alors que je me contente d’avoir fait une petite sieste. Une siestounette de presque rien du tout. Je n’ai pas assez dormi. Ni la nuit dernière, ni là, après déjeuner, après mon repas léger comme une plume au vent, donc, on ne peut pas dire que je me suis senti lourd ni que j’ai dormi tout aussi pesamment, oh non. Quand je dis que c’était juste un petit somme de trois fois rien.

17h00. Quel jour on est ? Ah oui, encore le même jour que ce matin et qu’après déjeuner. Cette fois, j’ai excessivement dormi mais j’ai pris mes précautions, je suis allé me mettre sur mon lit. Dans ma chambre. En ayant pris soin de fermer la fenêtre pour ne pas être dérangé par le grutier ni par les autres ouvriers, nombreux, qui s’affairent comme des fourmis dans tous ces chantiers en cours. Et je n’ai pas vu le temps passer, ces temps-ci, ces temps derniers, je me suis écroulé comme une pierre au fond de l’eau. J’ai dormi, dormi, dormi. Avec la seule différence, par rapport à ce matin que là, je n’ai pas à prendre la voiture pour me rendre à mon travail. Non, j’ai juste à émerger et à tenter de reconnecter tous mes neurones tels qu’ils l’étaient avant ma grosse sieste. J’aurai donc dormi trois heures en tout, cet après-midi. Plus à peine cinq heures, la nuit dernière. De quoi me plains-je ? Ça me fait huit heures de sommeil. Il y en a qui n’ont même pas ça. Je ne suis jamais content de ce que j’ai, je le sais, je suis et je resterai un éternel insatisfait.