Je crois que je n’ai pas la fibre paternelle. Sinon, ça se saurait, depuis le temps. À plus proche d’être un joyeux sexagénaire que d’entrer dans la cinquantaine, si j’avais voulu, il y a longtemps que je m’y serais mis. Comme ça, ça serait fait et on n’en parlerait plus. D’ailleurs, je crois qu’on ne va plus en parler. Comme ça, on pourra passer à autre chose. D’ailleurs, je crois qu’on va passer à autre chose. Comme ça… oui, c’est agaçant, hein ?

Je sais que je n’ai pas la fibre optique. Sinon, ça se saurait. Et je n’aurais pas besoin de porter des lunettes tout le temps sauf pour dormir, sauf pour prendre une douche et sauf pour faire l’amour. Encore que, parfois, même les yeux fermés, les lunettes, ça peut être bien pour voir au fond de son âme ou de celle de la personne avec qui on est en train de jouer en corps à corps encore et encore. Et ça permettrait  de fixer des images qu’on oublie facilement. Il faudra que j’y pense.

Je n’ai pas la fibre musculaire. Sinon, ça se saurait. Enfin, je veux dire que ça se verrait même si je suis tout habillé. Mais là, même en allant à la salle de gym régulièrement (sauf depuis deux semaines où là, pas du tout), je n’ai pas un corps de rêve. D’abord, parce que j’ai attendu longtemps pour m’y mettre et ensuite car on a beau faire, on a beau dire, le corps, après cinquante ans, on n’en fait plus tout à fait ce qu’on en veut. On fait avec, c’est tout.

Je n’ai pas la fibre synthétique. Sinon, ça se saurait. Rien que dans ce blog, si on compte le nombre de fois où je ne suis pas allé à l’essentiel, où j’ai digressé plus que de raison (volontairement ou non), on n’aurait pas assez des doigts d’un mille-pattes. Et ça risquerait de m’endormir. Non, je ne suis décidément pas fait pour les synthèses, je ne suis pas assez pragmatique pour ça et je ne suis pas assez logique. Du moins, pas de celle qu’il faudrait. On fait sans, c’est tout.

Je n’ai pas la fibre commerciale. Sinon, ça se saurait et j’aurais eu mon magasin depuis longtemps. Ma librairie. Ou mon salon de thé. Voir mon restaurant, comme j’ai pu en avoir l’idée, il y a une trentaine d’années. Je sais acheter et vendre, ce fut un de mes métiers, en d’autres temps, d’autres mœurs mais pas pour être commerçant pour autant. Je suis trop dans l’affectif et ça nuirait à certains clients dont la tête pourrait ne pas me revenir. Et là, j’attends la fibre de Pamplemousse.