Deux heures quinze, le matin, c’est vraiment très dur quand c’est le moment de se lever, chaque jour, chaque nuit et depuis que c’est mon nouveau rythme de travail, je l’ai subi une semaine avant de prendre quinze jours de congés et là, c’est mon deuxième jour de reprise. Un peu dans la souffrance psychologique et beaucoup dans la difficulté, l’insoutenable lourdeur de l’être qui est coupé dans ce qu’il a de plus équilibrant : son sommeil. Et quand on a vécu deux semaines intenses à faire des cartons, à courir après les fonds permettant de procéder à la signature de l’acte authentique, à déménager avant de commencer l’agencement du nouvel appartement, ça fait l’impression d’être dans un grand huit. Comme un tourbillon, pas celui de la vie normale.

J’ai une horloge dans le ciboulot et je suis un névrosé de la ponctualité. Je suis même toujours dans l’anticipation, par rapport à ça. C’est-à-dire que si je dois me lever à 5h pour embaucher à 6h, je mettrai mon réveil à 4h30 pour commencer une demi-heure plus tôt. Surtout ne jamais être pris en flagrant délit de retard, je ne peux pas me permettre ce genre d’écarts. Ça n’est pas bon pour mon psychisme ni pour mes nerfs. De ce fait, quand on m’a demandé de débuter mes journées plus tôt, j’ai décalé d’autant l’heure de mes sorties de lit, de mes crues personnelles. Et ainsi de suite… et donc, quand on m’a fait comprendre que cet été, ça serait bien que je commence à 3h, j’ai moins décalé que d’habitude, seulement un quart d’heure. Point trop n’en fallait.

Et je me réveille toujours avant, environ une heure, pour vérifier que je ne suis pas en retard, pour m’assurer que je suis bien dans le temps que je me suis imparti et pour me satisfaire du temps qu’il me reste à dormir même si je déplore toujours que je n’en ai plus beaucoup. Et comme par magie, dans la nuit de lundi à mardi, quand j’ai regardé l’heure, il était 1h15. Chouette, encore une heure, ai-je pensé. Aujourd’hui, quand j’ai regardé le réveil, il était 2h et je me suis fait la même réflexion qu’hier avant de me rendormir comme un bébé. Sauf qu’il ne me restait que quinze minutes. Le quart d’heure du condamné. Autant vous dire que ce ne fut pas facile, quand ça a sonné. Dur, dur, de dormir comme  un bébé. Et quand je pense que je vais traîner ça toute la journée.