Normalement, j’attaque ma dernière semaine dans cet appartement que j’occupe depuis seize ans. Avec un peu de chance, si tout se passe bien, aujourd’hui, demain et après-demain, nous allons pouvoir confirmer dimanche prochain pour le déménageur. Et dimanche soir, nous devrions dormir là-bas, à la Factory. À l’autre bout de Bordeaux. Près du pont Chaban-Delmas. Un peu plus au calme. Un peu plus à l’air. Mais toujours en ville quand même.

Hier, Isabelle, ma cousine, pas la femme de ménage, est venue passer la journée avec nous et nous sommes allés là-bas, justement, à pieds. Nous avons fait le tour du quartier, qu’elle a beaucoup aimé. Et est enthousiaste et elle se propose de venir jeudi nous aider à monter les premiers meubles qu’on doit acheter mercredi après-midi, si nous avons les clés le matin. Nous organiserions une espèce de concours de celui ou celle qui terminera le premier.

Nous serions trois : Isabelle, Christophe (qui vient passer plusieurs jours à partir de ce soir) et moi. Le président, lui, ne participera pas à l’épreuve car, comme tout président qui se respecte, il assistera au spectacle dans la tribune d’honneur. Il ne sera pas sur le terrain. Il fera des commentaires que nous espérons positifs et encourageants. Et il nous apportera à boire. Et j’aimerais bien savoir qui sera son chouchou de nous trois. Attention, je pourrais la prendre mal, la réponse.

Aujourd’hui, l’épreuve éliminatoire, c’est de renvoyer l’acceptation du prêt bancaire au siège de la banque de Pimprenelle, cachet de la Poste faisant foi. On va prier le premier Dieu qui nous passera par la tête pour qu’il soit bien réceptionné demain matin, à Poitiers. Et demain matin, justement, l’assistante du notaire et notre courtier, appelleront, chacun de son côté, pour s’assurer qu’il est arrivé et que les fonds seront versés dans la demi-journée.

Toujours demain matin, nous irons signer la promesse de vente de notre appartement actuel et demain après-midi, nous irons revoir le nouvel appartement avant la signature de l’acte définitif, mercredi matin. Comme une espèce de marathon de rendez-vous officiels auxquels nous ne pourrons pas toujours nous rendre avec un bermuda et des sandales ouvertes. Ça tombe bien, si le temps persiste comme celui de ce matin, il est triste, gris et très frais. Nous aurons besoin de nous habiller.

Je ne sais pas si nous devrons aller acheter nos meubles chez Ikéa mercredi après-midi ou si nous ne ferions pas mieux de les commander par Internet avec enlèvement le jour prévu. Ça nous ferait gagner du temps, je pense. Il faut que je fasse valider ça par le président car je sais qu’il va d’abord dire non. Je vais bien trouver un moyen de contourner le problème. En lui présentant la chose de façon négative, comme ça, quand il dira non, ça voudra dire oui.

Ce début de journée est maussade. Sans doute comme le moral de la plupart des français, depuis hier soir. Moi, jusqu’à ce matin, je ne savais pas quel était le résultat de cet Euro 2016. J’ai bien trouvé la rue calme, en me levant, à 6h mais en même temps, ça voulait tout dire et ne rien dire. J’ai appris qu’on avait perdu, en regardant la télé, vers 6h30. Un peu étonné, quelque part mais pas plus que ça. Je le suis plus sur ce que j’ai entendu, ensuite : il faudra du temps pour s’en remettre. Ah bon ?