Pourtant,  j’ai commencé très tôt car j’ai fait mes premiers cartons de la journée à moins de 7h30. Je ne suis plus si sûr de moi que ça concernant l’horaire précis mais en annonçant 7h30, je ne vole personne. Comme la pointeuse ne fonctionnait pas, j’aurais dû y penser, à noter mon horaire d’embauche. Mais bon, de toute façon, le président n’était pas levé quand j’ai commencé et j’ai dû en faire quatre ou cinq avant qu’il n’émerge, la gueule enfarinée et moi, tout guilleret d’avoir bien avancé de si bon matin. Quand il est apparu, je me suis d’abord inquiété de savoir si mes allées et venues dans l’appartement l’avaient réveillé mais non, donc, j’ai continué et cette fois, sans mettre la sourdine surtout quand je déroulais du scotch pour les cartons.

On approche les 60 cartons entièrement terminés. Donc 55 en deux jours. On est largement au-dessus de la moyenne que j’avais imaginée, que j’avais estimée, comme ça, sans savoir vraiment où j’allais. Il faut dire que pour le précédent déménagement, je ne me suis occupé de rien. Sauf du déballage. Alors, comme je ne me souviens pas du tout des autres, de ceux que j’ai pu faire, notamment de Paris à Saint-Prix, en 1988, on ne peut pas dire que mon expérience en la matière est très importante. Il ne faut pas que j’en parle dans mon éventuel C.V., si jamais j’avais besoin d’en faire un dans les semaines ou dans les mois à venir. On va éviter d’y penser pour les années à venir. À mon âge, ça devient presque indécent de penser à faire son C.V.

Il n’empêche que je suis le roi du bourrage de cartons. Non, le roi du comblage de vide dans les cartons. Ça ne se dit pas, comblage ? Ah non ? Eh bien, à partir d’aujourd’hui, je valide le mot car je pense que tout le monde comprend ce qu’il veut dire. Je disais donc que j’étais le roi du comblage de vide dans les boîtes. Et ça m’amuse beaucoup (mon côté cérébral prend toujours très vite le dessus) de savoir que dans presque tous les cartons de livres, non seulement il y a des livres, comme leur nom l’indique mais aussi des slips à moi. Et de savoir que mon vêtement à cul côtoie la culture, vous ne pouvez pas savoir combien ça me ravit. Je précise qu’ils sont propres mes slips. On ne peut pas en dire autant de tous les livres que j’ai emballés.