Non, en vérité, j’en ai fait plus qu’un, j’ai dû en faire cinq, des cartons, hier. Compte tenu que le déménageur que nous avons sélectionné a estimé qu’il en faudrait 60 pour les livres et les disques et 40 pour les choses non fragiles, à raison de cinq par jours, j’en ai pour vingt jours pleins. Donc, finalement, je ne suis plus si pressé que ça pour obtenir mon prêt bancaire, ça ne serait à rien de se presser, de se stresser, de s’énerver. Il me fallait juste partir à point. Sauf que… sauf que… sauf que si je mets le turbo et que j’en fais dix par jour, il va me falloir dix jours pour tout emballer. Et si je double encore ma vitesse de conditionnement, je peux certainement tout terminer dans cinq jours. Oui, mais alors, dans cinq jours, si j’ai tout empaqueté, qu’est-ce que je vais faire de tout ça chez moi vu que je ne sais toujours pas quand je signe et donc, quand je pourrai déménager avant d’emménager. Quel suspense.

Ou alors, j’attends demain et je vais au cinéma voir un film pour penser à autre chose. Ça me fera une occasion de ne pas courir dans tous les sens. Et de me reposer un peu. Sans faire la sieste pour autant. Quoiqu’il en soit, je suis aussi tributaire de David, le déménageur, car j’attends ses cartons. C’est pourquoi je n’en avais fait que cinq, hier. Je n’en avais presque pas d’avance. Mais là, si j’en ramène une trentaine (j’espère ça, au moins), en combien de temps vais-je pouvoir les faire ? Si je me donne un objectif de trois jours, c’est plutôt bien, non ? Non, allez, deux jours. Bon, d’accord, deux jours et demi et on n’en parle plus. Mais ça serait bien parce que pour tous les livres, de les faire vite, ça me permet de faire un dernier tri et d’en éliminer encore quelques dizaines. Et de les donner à la jeune étudiante qui est venue ce matin et qui est heureuse de s’encombrer quand moi, je me vide. Le principe des vases communicants.

Non, le but du jeu, cet après-midi, ma mission, si je l’accepte (oui, je l’accepte), c’est d’aller chercher les cartons à Caudéran, de payer l’acompte à David et de revenir pour m’y mettre peut-être sérieusement. Normalement, il devrait me donner du scotch, aussi. Pour les grandes étiquettes, je suis allé en chercher plus d’une centaine, ce matin, vers 6h30 parce que moi, quand j’ai un objectif, peu importe l’heure, peu importent les moyens, j’y vais. J’ai pris le tram et ensuite, j’ai loué un vélo et je suis passé au bureau, en bermuda, j’ai pris ce qu’on m’avait mis de côté et je suis revenu à la maison. Le président n’était même pas levé quand je suis rentré, un peu moins d’une heure après mon escapade. Entre temps, je suis même allé chez le coiffeur. Parce que je ne suis pas comme Samson, moi, je ne tiens pas ma force dans la chevelure mais dans mes muscles. Mais qu’on ne s’y méprenne pas, je ne suis pas Hercule non plus.