Je ne sais pas si vous avez déjà vécu ça mais samedi, ce fut une vraiment trop longue journée, pour moi. J’ai cru que je n’arriverai jamais à son bout. Je regardais l’heure, le plus discrètement possible, le soir, et j’ai vu les vingtaines se succéder à vitesse grand V et moi, je tombais de sommeil grand Z. Oui, parce que forcément, quand on est invité chez des amis qui sont des grands amis mais pas les plus intimes qu’on puisse avoir, ça ne se fait pas de dire « bon, désolé mais moi, je me suis levé à 2h10, ce matin, là, il est 22h30, je vais me coucher. » D’abord, je ne savais pas dans quelle chambre j’allais pouvoir aller me mettre la papattes en rond et fermer les paupières pour tomber dans cet engourdissement rassurant d’être dans un lit dont on ne risque pas de tomber. Alors que là, pendant qu’ils prenaient tous un café (ou presque tous), moi, j’essayais (parfois vainement) de garder les yeux ouverts et de suivre la conversation. D’opiner du chef quand je pensais qu’il le fallait. Mais j’avoue avoir eu bien du mal à rester concentré et à ne pas perdre pied avec leur réalité.

Quand on s’est enfin rendu compte de mon état (c’est ma faute, j’aurais peut-être dû me manifester plus tôt, après tout), Cathy m’a accompagné dans la chambre qui nous était destinée et je peux vous dire que même la chambre la plus moche du monde m’aurait semblé être un palace, tant j’avais envie de cette position horizontale qui me va si bien au teint. Et tant pis si, depuis le lit, j’entendais Cathy, Alain et le président qui parlaient, certains d’entre eux bien trop fort à mon goût mais peu m’en a chalu ( ? – Tiens, il n’y aurait pas de participe passé au verbe chaloir ?), j’ai finalement vite sombré, à peine le temps de penser à des choses ou à des gens que j’aime bien. Je ne peux pas dire que j’ai extrêmement bien dormi (je n’aime pas les extrêmes, c’est normal, donc) mais j’ai dormi et le matin, j’ai attendu d’entendre un peu de bruit dans la maison pour me lever mais rien. Pas une lame de parquet qui grince, pas de vaisselle manipulée en bas, alors, je me suis levé à 8h45. Une matinée bien trop grasse pour moi, qui n’en ai pas l’habitude.

Le reste de la journée, j’ai nettement moins bâillé. Heureusement car samedi soir, j’ai dû déployer des trésors d’imagination pour ne pas que ça se voit trop. En même temps, je croyais être discret mais allez savoir s’ils n’ont pas vu combien je luttais contre mes signes extérieurs de fatigue. Bref, le lendemain, j’ai apprécié le calme de l’endroit, la ménagerie, tous ces animaux divers et variés car chez Cathy et Alain, à la campagne, c’est l’arche de Noé partout, dans tous les coins : entre les poissons dans l’aquarium ; Nelka, la chienne berger allemand ; les chiens de chasse, enfermés dans un enclos ; les différentes volières avec des oiseaux de toutes les sortes dont un perroquet ; l’élevage de cailles ; les dizaines de volailles, les lapins, les chèvres, les moutons, la vieille jument… il ne manquait qu’un âne pour que je sois totalement ravi. Mais je me suis contenté de tout ce petit monde qui courait partout en chantant, en gazouillant, en bêlant, en aboyant… et ça m’a fait du bien, après la trop longue journée de la veille et j’ai même oublié la Caisse d’Épargne, c’est vous dire.