Je crois bien que c’est moi, le plus grand baroudeur du monde. Surtout en ce moment. Parce que, entre le week-end dernier et celui qui vient de commencer, ça va me faire deux voyages importants à mon compteur kilométrique. Si j’avais pris l’avion, ça m’aurait fait des heures de vol en plus mais là, c’est surtout la voiture qui me conduit (que je conduis) à mes destinations.

Le week-end dernier, seulement dimanche, en fait, je suis allé à Biscarrosse, environ 75 kilomètres. Ça va, l’aller et retour est tout à fait faisable dans la journée. De toute façon, même si le patron nous a invités à y rester pour passer la nuit de dimanche à lundi, j’avais préféré rentrer car je n’étais pas spécialement au mieux de ma forme et je voulais profiter de mon lundi pour vaquer à certaines corvées avant d’attaquer ces dernière semaine avant mes quinze jours de congés. Mais cette journée, là-bas, dans la forêt landaise, ça procure toujours un dépaysement qui est bon pour le moral.

J’aurais pu m’arrêter là. Et attendre d’autres occasions pour partir faire le tour de mon monde. Mais non, quand Cathy a appelé pour nous dire qu’elle voulait nous inviter ce samedi soir, sur le coup, j’ai fait la grimace car après une dernière semaine de boulot intense et avec mes nouveaux horaires nocturnes, faire la route pour aller se perdre au fin fond du Lot-et-Garonne, à côté d’Agmé, ça ne m’emballait pas plus que ça. Il y a quand même 110 kilomètres à parcourir sans s’endormir au volant. Dont une partie importante sur des routes départementales. Mais ça ne fait rien, j’y vais. J’y vais parce que ça me fera du bien, on a beau dire.

Et quand je vois mon palmarès, depuis le week-end dernier, je me dis que la semaine prochaine, où vais-je bien pouvoir aller ? Ce qui serait bien, c’est que je fasse mieux, mettons 200 kilomètres et ainsi, j’aurai battu mon record. Finalement, je n’ai pas des goûts impossibles. Je me contente de peu. Mais je suis exigeant dans le peu dont je me contente. Parce qu’il faut savoir ce qu’on veut. Et moi, j’aime les voyages même s’ils ne forment plus ma jeunesse, non, loin de là. Ma jeunesse, c’est comme le reste, tout fout le camp. Elle s’est barrée et je n’ai même pas envie de lui courir après. Alors, je me satisfais de ce que j’ai gardé d’elle dans la tête.

Et donc, si je veux aller à environ 200 kilomètres autour de Bordeaux, quitte à dormir sur place, quand j’y serai, ça, je le déciderai en temps voulu. En temps utile, pour ne rester que dans l’agréable.  Ou alors, je n’irai qu’au fond de mon lit. Comme si je n’étais rien de plus qu’une rivière. Ou un fleuve. Pas toujours tranquille. Jamais tranquille, même.