Et si je me mettais en grève, moi aussi ? Si je décidais de ne plus consommer quelque marque que ce soit qui fait partie de celles dont les membres du personnel, légalement syndiqués, m’ont au moins une fois empêché de circuler, d’acheter quelque chose dont j’avais besoin ou d’assister à un spectacle pour lequel j’avais réservé des places, hein, si je décidais de faire la grève des marques dont les employés ne pensent qu’à eux ? Ça ne changerait pas grand-chose aux choses. Mais ça me procurerait un plaisir que je n’ose imaginer de peur de passer à l’acte.

Oui. La grève des usagers de la SNCF, de ceux d’Air France, de TBM (Transports Bordeaux Métropole), de la RATP et des taxis. Oui. Ça me plairait assez de ne bloquer que ceux qui bloquent le pays habituellement. Oui.

Oui. La grève des consommateurs d’EDF et de la Poste. Des consommateurs des marchandises transportées par des routiers. Oui. La grève pourrait même s’étendre aux supermarchés dans lesquels nous n’irions plus le temps qu’ils se décident à jouer le jeu. À vraiment jouer le jeu. Oui.

Oui. Retourner dans des petits magasins. Sur les marchés. Oui. Et faire soi-même l’éducation scolaire à ses enfants. Et ne plus aller dans les administrations pour y attendre des heures mais tout faire sur Internet. Tout court-circuiter. Oui.

Certains ont décidé d’utiliser leurs plus forts moyens de force pour bloquer le pays. En représailles de l’utilisation de l’article 49.3 pour faire passer la loi travail. Quelle misère ! Quel état d’esprit moyenâgeux ! Il suffirait de dire que la loi est passée aux quarante-neuf tiers et hop, personne n’y verrait que du feu. Ils veulent faire la révolution avant l’Euro ? Qu’ils la fassent ! On en sortira encore plus affaibli que ce que nous sommes déjà. Pour ma part, je suis solidaire des non-grévistes. Parce qu’il y en a marre. Marre de chez marre d’être manipulés par des syndicats désormais minoritaires dans le monde du travail.