Non, ce n’est pas grave de bloquer un pays qui rencontre déjà pas mal de difficultés. Ce n’est pas grave de paralyser un pays qui est en pleine crise. Un pays qui doute de lui tout en étant tellement arrogant. Le paradoxe est  un luxe que tout le monde ne peut pas se permettre mais ce pays-là, oui. Ce pays-là, c’est le mien, c’est la France. C’est un pays en état d’urgence mais on n’a jamais autant manifesté qu’en ce moment (le « autant » reste à prouver mais on n’est plus à ça près, si ?) et chacun fait ce qui lui plaît, plaît, plaît… du plus petit aux plus grands… des plus petits au plus grand. Et ainsi va notre vie, un peu à la dérive, pas mal à vau-l’eau et beaucoup à la mords-moi le JE. C’est à qui sera le plus nombriliste. Le plus quant à soi. Le plus « c’est moi et moi seul qui compte. »

Non, ce n’est pas grave de bloquer un pays au nom du droit de grève et au nom d’une certaine idée de la liberté sociale et du maintien des acquis du même nom. Non, ce n’est pas grave d’enfoncer encore un peu plus un pays qui va mal car certains nantis - redites-moi de quand date la nuit de l’abolition des privilèges ? – oui, le 4 août 1789, c’est cette nuit-là qu’on a aboli les privilèges. Les privilèges de certains car de ce point de vue-là, on ne peut pas dire que c’est liberté ni fraternité et encore moins égalité. Il faut voir les conditions de retraite selon les corporations. Il faut voir les journées de carence pas obligatoires pour toutes les catégories socio-professionnelles. Tout ça me fatigue. Tout ça me hérisse les poils que je n’ai pas vraiment. Et me casse les gonades.

Non, ce n’est pas grave de bloquer les gens pour qu’ils n’aillent pas travailler, même si ça les embête sérieusement d’y aller, parfois. De les empêcher de rouler même si ça n’est pas toujours bien écologique d’être tout seul dans sa voiture pour ça. Même si les conditions de transports dans ceux en commun sont loin d’être confortables. Quand on pense aux entreprises qui vont rencontrer des difficultés, des salariés du privé qui vont prendre des avertissements pour retards, absences et autres. Quand ils ne vont pas perdre éventuellement leur emploi. Non, ça n’est pas grave de brûler des centaines de pneus. Ça n’est pas polluant. Non. Sinon, ça se saurait. Et quand bien même. Je suppose que ceux qui font ça pensent que la nature s’en remettra. Oui, peut-être. Mais nous ?