Oui, oui, on va dire que je me sens plus calme que ces deux derniers jours. Parce que j’ai sans doute mieux dormi la nuit dernière et parce que je me dis que toutes mes contrariétés ne sont que petites et sont tellement dérisoires en regard de ce que vivent d’autres centaines, milliers, millions de gens. Quand je vois que les habitants de Fort McMurray (au Canada) ont dû fuir leur maison encore intacte pour les plus chanceux et ont tout perdu, pour les autres. Quand je vois que certaine femme politique se fait mettre une main dans le dos par un ministre en exercice. Quand je vois que des gens meurent dans d’atroces souffrances. Donc, que certains persistent à vouloir rouler sur la file de gauche, outre que ça reste des mauvais conducteurs, ça n’a aucune réelle importance.

On va dire que je me sens plus calme parce que le deuxième jour de reprise du travail, ma foi, c’est déjà être entré dans une routine. Et quoi de mieux que la routine pour endormir les sens ? Je suis de nouveau sur les rails de mon boulot. On essaie de faire au mieux. On espère y arriver. On se dit que ça pourrait être pire. Quand on voit que certains perdent leur emploi et ensuite, ils perdent pied avec la société, ils perdent leur maison, ils divorcent, ils se retrouvent avec les minima sociaux pour les plus chanceux et avec rien du tout, pour les autres. Donc, je me dis que puisque j’ai un boulot, même si c’est souvent dur, il faut que j’apprécie ça à sa juste valeur. Et tant pis si le montant en bas du bulletin de salaire ne me porte pas à sauter au plafond tellement je ne suis pas content.

Peut-être qu’il a aussi fallu que je pense à des choses plaisantes et agréables pour que ma colère mal retenue commence à se dissiper. Penser à ces trois jours au moulin de la Fenouillère, avec les parents et avec Isabelle, le patron, Christophe et le président. Penser à cette balade en barque, sur la Sèvre Niortaise et nos fous rires devant Christophe et moi. Nous avons beaucoup ramé pour faire avancer la barque le plus droit possible. Penser aux parties de Uno. Penser à l’aménagement du nouvel appartement. Penser aux quarante ans d’Alexandre que j’ai presque vu naître. Penser aux gens que j’aime. Fredonner quelques chansons dans ma tête. Penser à maman à qui on n’a pas réellement souhaité ses 80 ans, comme elle l’a demandé. Penser à ma mère. Je suis, sur ma mère, calmé…