Aujourd’hui, je vais remplir une mission d’intérim pour quelques heures. Je vais jouer aux déménageurs. Enfin non, je vais jouer au déménageur. Pas besoin de pluriel quand je parle de moi. Je sais bien que j’ai des gros bras (mentalement) mais pas au point de me croire être deux ou trois personnes en une seule. Je vais donc jouer au déménageur. Au charroyeur. Au transbahuteur. Au camionneur. Au transporteur. Nous serons trois dans un Citroën Jumper et je vais me la péter mollement en faisant croire que je suis un fort à bras mais en réalité, je le sais déjà, si je peux tirer au flanc, ça ne sera pas de refus.

Tout ça pour aider le patron à emmener des meubles à Biscarrosse et pour en ramener d’autres sur Bordeaux, en fin de journée. Tout ça parce que ça me fera une journée à la campagne et à la mer (tu parles !) et parce que ça me permettra de faire comme une répétition pour le mois prochain, quand ça sera mon tour et que j’aurai des professionnels pour chez moi mais je pourrai leur dire ce qu’ils font mal ou comment faire ce qu’ils hésitent à faire. Parce que, tout compte fait, je pense que si je devais me recycler dans le déménagement, il serait plus souhaitable et intelligent que je sois surveillant de ceux qui bossent que faire partie d’eux.

Ça me fait penser à cette réponse que j’ai reçue pour mon annonce « lot de brocante vide-maison », un gars de la région, soit disant, qui me propose de m’envoyer un mandat cash par la Poste et de faire passer un transporteur pour récupérer tout ce dont je veux me débarrasser. Mais moi, je me refuse de faire la manutention de tout ça. Alors, j’ai décliné son offre. Jouer au déménageur, oui mais il ne faut pas pousser Stéphane dans les orties. Avec moi, mieux vaut qu’on fasse comme si plutôt qu’en vrai. Ce n’est pas mon métier. Je ne suis pas taillé pour ça. Et surtout, je préfère laisser ma place à ceux qui peuvent.