Aujourd’hui, j’ai le choix. Soit je sors chez UGC pour assister à la représentation d’un opéra en direct de celui de la Bastille à Paris, à 19h30 soit je reste chez moi et je vais au lit de bonne heure comme j’aime bien le faire. Mais j’aime bien aussi sortir au spectacle. Réfléchissons un instant…

Longtemps je me suis couché de bonne heure et je continue de le faire dès que je le peux. Pendant des années, je n’ai travaillé que pour me payer des voyages et des sorties culturelles. J’ai toujours réussi à concilier les deux avec plus ou moins de bonheur. Mais depuis quelques temps, c’est plutôt moins que plus. Alors, peut-être que comme le patron n’est pas très motivé non plus (nous devions y aller ensemble, ce soir), peut-être que je vais me faire porter pâle pour ce soir. Ce n’est qu’une représentation vue depuis un fauteuil d’une grande salle de cinéma. C’est moins important, malgré tout, que quand on va réellement dans une belle salle, exprès pour ça.

Le patron n’est pas très motivé car il a passé sa journée à Toulouse sans moi, sans que je lui serve de chauffeur, d’accompagnateur et de fournisseur de 4 heures et demain, il va passer sa journée à Biscarrosse pour les travaux de ses plusieurs maisons. Il a des problèmes de patron. Et moi, c’est ma dernière semaine avant quelques jours de vacances, enfin. Je m’arrête vendredi midi. Je ne travaillerai pas samedi matin, pour une fois. Et je ne reprendrai que le mardi 10 mai. Donc, comme je suis un peu sur les rotules, quand il m’a appelé ce matin, le patron, pour me dire que peut-être nous n’irions pas ce soir, j’avoue que je n’ai pas manifesté une grande tristesse. J’ai même eu du mal à cacher ma joie tant celle nouvelle me faisait plaisir.

Du coup, ce soir, le président ne mangera pas tout seul. Je lui avais prévu un boudin noir aux pommes, un boudin d’anniversaire mais sans les bougies. Nanou, elle a dit que maintenant, c’était fini. Qu’on ne parlait plus d’anniversaire. Et moi, je me ferai un bouillon de légumes bien maigre histoire de ne pas rester le ventre vide et ensuite, j’irai me coucher avec les poules. Non, je n’irai pas aux putes. Ça n’a rien à voir. J’irai vraiment me coucher de bonne heure. À moins que je ne regarde la pièce de théâtre sur France 2. Histoire de peut-être rire un peu. Histoire de peut-être rigoler un morceau. Je ne sais pas encore. Je me tâte. Je valse-hésite. Je verrai en temps voulu. En temps utile.

En tout cas, même si c’est trop tard, encore bon anniversaire, Nanou. Ce soir, nous ne ferons pas la fête en ton honneur mais le cœur y est, pourtant. Et pour passer du bon temps ensemble, on attendra le week-end prochain. Ce soir, c’est sûr, je n’irai pas rigoler tôt.