Non, je n’ai pas très envie d’y aller. Je n’ai pas très envie de ressortir maintenant que je suis rentré du boulot et des courses de fin de semaine. Il est pile 14 heures et je pense que faire une sieste me ferait bien plus plaisir que d’aller à la salle de gym, dans une demi-heure. Dans une demi-heure car je dois passer prendre le patron chez lui vu que c’est sur mon chemin. Sur notre chemin. Un petit bout de chemin que nous faisons ensemble. Comme ça, au moins deux fois par semaine si on ne tient compte que des cours avec notre coach. Parce que nous nous voyons aussi pour d’autres choses. Au moins une fois par jour. De là à ce qu’il me demande de pointer, un de ces jours, il n’y a qu’un pas que je n’ai pas encore décidé de faire. Pas encore.

Donc, ça veut dire que puisqu’il est 14 heures pétantes à peine dépassées, que nous avons cours à 15h, que le coach ne commence jamais à l’heure avec nous, que nous discutons un peu parfois (souvent) entre certains exercices, que nous finissons bien souvent avant l’heure, que nous irons prendre une douche, lui dans l’avant-dernière et moi dans la dernière, à droite, au fond et que nous nous rhabillerons et que nous viendrons ici pour qu’il signe un document et qu’il puisse voir comment ça fait bizarre quand il n’y a plus un seul meuble dans le bureau, ça veut donc dire que nous ne serons pas de retour avant 16h20 dans le meilleur des cas. Et quand je dis dans le meilleur des cas c’est si le patron va aussi vite que moi. Ça reste à prouver.

En même temps, le plus dur, quand on va à la gym, c’est d’y aller. Parce que d’en revenir, ça se fait toujours beaucoup plus facilement. Comme si j’avais des ailes. Des ailes fatiguées, la plupart du temps, mais des ailes malgré tout. Une fois qu’on y est, on espère toujours tricher un peu sur le temps de travail mais on n’a pas beaucoup à se forcer, le coach n’est pas très discipliné, lui non plus. Il s’éparpille assez facilement, si on y regarde de plus près. En tout cas, je n’ai pas très envie d’y aller. Pas plus à 14h11 qu’à 14h00. On verra dans un quart d’heure, quand ça sera le moment M. Mais d’ici là, est-ce que j’ai le temps de faire une sieste ? Non, je crains que non. Pourtant, ça, j’en ai vraiment envie. Plus que de tout le reste au monde.