Nous sommes à J moins 2201 du 1er mai 2022. Ça va en faire des séries de 5 bâtons que je vais dessiner sur les murs de ma prison. 440 fagots de 5 bâtons. En même temps, ça ne va pas m’occuper à plein tous les jours jusqu’à cette date particulière.

À cette date-là, du 1er mai 2022, ce sera encore la fête du Travail et celle des syndicats et celle de certains extrémistes. Probablement encore la fête du muguet, enfin non, mais le jour où on continuera d’en vendre à de nombreux coins de rue. Ce sera un jour férié, normalement chômé. Pour la plupart des gens. Mais dans un peu plus de six ans, qui peut dire si ça aura encore du sens de parler de la fête du Travail ? Est-ce que ça ne sera pas quelque chose qui sera en train de glisser lentement mais sûrement dans le domaine des souvenirs. Des relents d’une autre époque bel et bien révolue. Un temps que les moins de vingt ans…

À cette date-là, du 1er mai 2022, on ne sait pas si fera très beau ni très chaud mais on sera toujours sur une pente croissante concernant le réchauffement climatique. Je veux dire que tous les ans, on aura battu des records d’année la plus chaude. Et combien de catastrophes météorologiques aurons-nous alors connues, entre temps ? Et combien de catastrophes politiques ? Qui sera le président (ou la présidente) en fonction ? Comment aurons-nous passé le cap des élections de 2017 et comment se profileront celles de 2022 ? Serons-nous en plein dedans, dans l’entre-deux tours ? Aurons-nous des nouvelles têtes bien faites pour se présenter devant le peuple français ?

À cette date-là, je devrais normalement être libre. Libre de toute contrainte socio-professionnelle. Libre de tout attachement à quelque patron que ce soit. Libre de mes horaires. Libre de me lever à l’heure qui me plaira, qui me conviendra et surtout, je ne serai plus obligé de programmer un réveil. Parce que moi qui ai toujours eu une horloge dans la tête, j’ai de plus en plus besoin d’une assistance mécanique pour me sortir du lit, le matin. Peut-être parce qu’il y a longtemps que je n’ai pas eu de vacances. Les dernières remontent à septembre 2015. Ça me semble loin. Et en plus, elles m’ont laissé un petit goût déplaisant dans la bouche. Un arrière-goût.

Que va-t-il se passer dans ma vie pendant ces 2201 jours à venir pour atteindre ce fameux 1er mai 2022 ? Combien de joies et combien de drames aurai-je vécus ? Et que seront parents et amis devenus ? Que j’aurai de si près tenus. Et que j’aurais tant aimés…