Je n’y peux rien, chaque année, le 16 avril, je pense à Chatouille. Surtout depuis que j’ai quitté Paris, il y a seize ans car avant ça, je ne pensais pas qu’à lui, ce jour-là, chaque année, je pensais aussi à une collègue, Patricia, dont c’était l’anniversaire. Évidemment, il n’y a pas d’échelle de valeurs dans ces célébrations, l’un pour une femme, l’autre pour un chat. Nous n’étions, nous ne sommes que dans la coïncidence. Dans la fortuité. Dans le hasard car pour moi, dans la vie, comme chez Claude Lelouch, tout est plus hasard que destin ou fatalité, comme chez le patron, dans la plus pure tradition huguenote. Alors, dorénavant, cette date du 16 avril, outre ces anniversaires de naissance, depuis hier, c’est aussi devenu une date de départ.

C’est le 16 avril 1988 que Chatouille est né, à Deuil-la-Barre, dans le Val d’Oise, alors que nous étions en transit chez Gérard et Béatrice, le temps que la construction de la maison de St Prix soit terminée. Deux ou trois mois de cohabitation pas toujours facile. Une portée de chatons est arrivée et m’avait alors apporté une grande joie, un plaisir immense : voir ces petites boules de poils commencer à vivre. J’ai été tout de suite attiré par l’une d’elles, un petit truc tout rigolo, noir et blanc et nous avons décidé de le prendre. À peine sevré, nous l’avons emmené chez nous et nous avons ensuite partagé bien plus que ce que partagent les chats avec leur maître. Le mien, Chatouille, c’était quelqu’un. Un artiste. Un écrivain. Il a disparu, en Bourgogne, lors d’un week-end.

C’est le 16 avril 2016 que la petite Ugalie sera partie. Définitivement. Ugalie, que j’ai connue à St Loubès, d’abord, puis à La Teste de Buch, ensuite, c’était la petite chienne de Daniel et Marie-Hélène. Un scottish terrier blanc d’une vivacité incroyable. J’ai beaucoup aimé la connaître. Je l’ai vue de façon épisodique, de temps en temps et j’ai toujours aimé jouer avec elle. Courir avec elle. La voir heureuse qu’on s’intéresse à elle et me sentir bien qu’elle s’intéresse à moi. Elle aura vécu treize ans mais hier, elle aura fait une dernière cabriole. Ça me fait de la peine, évidemment. Ça n’était pas mon animal mais elle faisait partie de mon plaisir d’aller chez mes amis. Parce qu’elle était là, elle aussi et que nous nous entendions bien. Ainsi va la vie.