J’ai vraiment très mal intitulé mon billet d’hier. Tous aux abris, ça n’est absolument pas un bon titre. C’est aujourd’hui que j’aurais dû le faire. Car ce que je vais écrire est plus en accord avec ça que ce que j’ai pondu hier. Plus en accord car c’est la conséquence de ce qui s’est passé avant-hier soir, ces histoires d’hélicoptères et tout et tout. Reprenons donc où j’en étais en remettant les choses dans leur contexte… et en espérant ne pas avoir perdu le fil.

Un peu inquiet, pas mal troublé par ces bruits assourdissants, à un moment, j’ai pensé que le mieux serait de me mettre sous les draps. Pour atténuer un peu le son de ces nuisances venues de l’extérieur. Sauf que je n’avais pas prévu une chose. Bêtement. C’est que je dors avec un tee-shirt, en haut mais tout nu, en bas. Et là, maintenant, je sais que dans certains cas, il vaut mieux éviter. Sinon, on peut rapidement se trouver dans une situation embarrassante.

N’allez pas imaginer que j’ai pris peur en voyant mon sexe sous les draps. Ni même l’inverse, mon sexe n’a aucune raison de s’inquiéter quand il me voit venir là où je ne viens jamais et donc, ça n’est pas entre lui et moi que j’ai ressenti une gêne. Non, c’est pire que ça. D’autant que je ne m’en suis pas rendu compte tout de suite, qu’il y avait quelque chose d’étrange. J’ai salué qui vous savez d’un mouvement de tête et lui de même, un mouvement de gland…

Et c’est là que je me suis rendu compte qu’il y avait d’autres personnes dans le lit. Et des personnes qui n’avaient rien à faire ici. Des gens que je connaissais de vue, pour la plupart et quelques autres dont j’ignorais totalement de qui il pouvait s’agir. À ma tête, certains se sont rendu compte de mon espèce de malaise et l’un d’eux, mon collègue Édouard, est venu me dire : « désolé, mais on a préféré venir s’abriter là, on a eu peur d’un bombardement, dehors. »

Mais enfin, ai-je essayé de dire, ce ne sont que des hélicoptères. Il n’y a pas de raison de s’affoler. Qu’est-ce que vous faites tous là, dans mon lit, sous mes draps ? Et c’est là que j’ai aperçu Lova Moor. Lova Moor juste à côté d’un de mes génitoires. Pour un peu, elle aurait pu jouer avec. En même temps, ça me faisait plaisir de la voir car depuis quelques temps, vous avez dû vous en rendre compte, je m’inquiétais de ne pas savoir ce qu’elle devenait.

L’effet de surprise m’ayant coupé la chique, j’ai continué de regarder autour de moi pour voir quelles étaient les autres personnes de ma connaissance dont là, sous mes yeux, à hauteur de ma cuisse gauche, Pierre Niney. Je m’apprêtais à lui faire part de mon mécontentement à propos de son dernier film quand j’ai vu qu’il y avait aussi Michel Platini, la tête un peu basse, sans réussir à faire croire qu’il n’était pas abattu. Je n’ai pas cherché à le saluer.

En revanche, j’ai légèrement souri à Alexandre, l’agent immobilier qui est en charge de vendre notre appartement. Et il y en a quand même deux que j’ai été super content de voir là, au pied du lit, là où c’est bien bordé, ce sont mes parents, qui se faisaient un peu discrets. Normal, ils ne connaissaient personne. J’ai voulu aller vers eux, mais avec tout ce monde, sous les draps, ce n’était pas facile. Du coup, j’ai remué des coudes et je me suis frayé un passage comme j’ai pu.

J’ai dû bousculer un ou deux inconnu(e)s. Une femme que je suis sûr d’avoir déjà vu mais où ? Une commerçante, peut-être ? Une ouvreuse de cinéma ? Une caissière de chez Auchan ? Et deux mecs en costume qui s’apprêtaient à allumer l’un, une cigarette et l’autre, une vaporette. « Non, c’est un endroit non-fumeur, ici, messieurs. » Ils m’ont fait un signe pour me montrer qu’ils avaient compris et je leur ai fait confiance. On ne fume pas dans un lit, c’est trop dangereux.

Au moment où j’atteignais enfin mes parents, je ne sais pas ce qui s’est passé mais je me suis retrouvé tout hagard. En sueur. Et tout le monde avait disparu. Il faisait tout noir. J’étais recouvert d’une couverture de survie, sans doute. Non, au toucher, c’était trop léger. Sauf par-dessus, quelque chose de plus lourd. Ah mais, c’était un drap recouvert d’une couette. Je m’étais endormi dessous et j’ai dû rêver à tous les personnages dont j’ai parlé dans le blog depuis le début du mois. C’est malin.