Il y a des gens qu’on trouve sympathiques, comme ça, dès le premier abord et ça se confirme au fil du temps, quand on a l’occasion de les connaître un peu mieux. C’est toujours agréable de ressentir ce genre de choses envers quelqu’un et se dire qu’on ne s’est pas trompé. J’ai un cas comme ça dans mon quotidien professionnel. Nous avons embauché un vendeur, chez nous, il y a quelques mois et je me souviens très bien du jour où il est venu passer son entretien avec la chef des ventes et la D.R.H. C’est moi qui lui ai ouvert la porte, qui l’ai accueilli et l’ai fait patienter dans la petite salle de réunion. Un garçon timide, ce qui est normal quand on vient pour un poste à prendre, mais globalement ou généralement timide de nature en ce qui le concerne.

Marie-Claude Jourdain n’a pas un nom qui fait rêver. Ce n’est pas sa faute mais franchement, ça ne fait bander personne, juste à l’énoncé de son nom. Après, il lui restait à faire son trou autrement qu’avec son nom, si banal. Et c’est ce qu’elle a fait. Elle s’est trouvé un pseudonyme bien plus accrocheur et elle s’est fait connaître ainsi. Tout le monde a oublié qui est Marie-Claude Jourdain, sauf ses proches les plus intimes, l’état-civil et l’administration fiscale. Et du coup, maintenant, tout le monde s’en fout un peu, de Marie-Claude Jourdain. Elle doit avoir dans les… elle a eu 70 ans cette année et on ne sait pas si elle les fait. Ni si elle les porte bien. Elle se fait très discrète depuis un paquet d’années. Aimerait-on avoir de ses nouvelles ? Peut-être.

Mon collègue, celui dont je parlais dans le premier paragraphe, il se prénomme Édouard et moi, je trouve que c’est un nom très vendeur. Ça a de la classe, ça a du chien et c’est très élégant. Ça sonne bien et c’est dommage que je ne puisse pas me permettre de citer son nom de famille ici, sans son autorisation car je trouve que l’association des deux est géniale. Ça fait penser à un écrivain ou à un peintre. Pas un vendeur chez un mareyeur. Imaginez un peu, un truc du genre Édouard de Broca, par exemple, ça claque, hein ? En tout cas, je l’aime bien, lui et je suis content qu’il ne fasse plus partie de la charrette. Samedi, il m’a annoncé qu’il restait, finalement. Une chance pour lui. Et pour nous. Je lui ai donc souhaité la bienvenue dans son CDI. Je suis content pour lui.