Encore une fois, je voudrais prouver que l’achat et la lecture des magazines de cuisine peut apprendre des choses. Et pas seulement à faire des préparations culinaires dignes d’un chef ou à tenter de bonne figure quand on reçoit les parents de son conjoint. Non, on y apprend aussi des choses intéressantes, insolites ou carrément inutiles mais ça ne fait rien, tant qu’on apprend, c’est qu’on n’est pas mort.

Dans le dernier numéro de Maxi Cuisine, à la page 64, il y a un article qui parle du chocolat. Et ce n’est pas parce que je n’aime pas ça que je ne l’ai pas lu. Bien au contraire, je l’ai même presque dévoré, si l’on peut dire. Et surtout, j’ai retenu la première information qui nous annonce que, en France, on dépense 268 euros en chocolat par personne et par an. Alors, moi, même si je n’en mange pas, il m’arrive d’en offrir et je peux également en vouloir pour préparer un dessert que je laisserai à mes amis, bien évidemment.

Au lu de cet entrefilet, je me suis dit que finalement, ça me faisait 268 euros d’économisés. Alors non, pas tout à fait car j’en achète peut-être pour 30 ou 40 euros par an. Arrondissons donc et mettons que je dépense 68 euros par an, ça me fait donc une épargne nette de 200 euros. Ça veut dire que je suis en droit de les réclamer à ma banque puisque je ne les ai pas dépensés. Et on n’a qu’à dire aussi que je ne vais compter que depuis que je suis à Bordeaux, fin février 2000, soit seize ans révolus et donc, 16 multipliés par 200 = 3 200 euros. Je mets de côté pour tout à l’heure.

Comme je ne fume pas mais que je pourrais fumer un paquet de cigarettes par jour, compte tenu que je serais capable de fumer des Royale Menthol ou des Dunhill International, comme les premières coûtent 6.80€ et les secondes 7.20€ le paquet, disons que je pourrais dépenser 7.00€ par jour. Autre compte tenu que ce n’est pas le même prix depuis seize ans que je suis à Bordeaux, je vais calculer combien j’aurais claqué si j’avais fumé pendant tout ce temps-là. Un instant, je reviens.

Ça me ferait donc environ 28 413,17 euros. J’insiste sur le « environ » car c’est difficile d’être précis sur une estimation ? J’ai donc économisé, disons, 28 000 euros depuis seize ans car je ne fume pas. On va ajouter ça aux 3 200 euros de chocolat de tout à l’heure. Et on va continuer de faire les fonds de tiroir. On ne sait jamais, si ça se trouve, j’ai encore de l’argent à récupérer et en ce moment, avec l’achat du nouvel appartement et la vente de l’autre, qui n’est toujours pas faite, j’en ai besoin.

Ah oui, je ne vais pas aux putes. Donc, à supposer que le prix d’une passe pas trop longue et pas trop compliquée (une pipe, un coït interrompu et/ou une branlette espagnole, par exemple) soit de 50 euros et que ma libido conjuguée à mon métabolisme font que j’ai des besoins à assouvir qui seraient de deux fois par mois (pour ne pas paraître obsédé car j’aurais pu dire une fois par semaine, hummm, hummm !), sur seize ans, ça me ferait une belle économie de 19 200 euros. On ne va pas revenir sur ce dernier chiffre car si on commence à chipoter là-dessus, on va chipoter sur tout.

Si j’additionne les trois montants économisés sur les vices que je n’ai pas, j’arrive à un total de 50 400 euros. Allez, comme c’est mon jour de mansuétude, je vous fais l’ensemble à 50 000 euros et je m’en vais de ce pas appeler les sociétés de courtage pour leur dire que le prêt dont j’ai besoin s’avère finalement bien moindre que prévu car j’ai un complément d’apport personnel qui me tombe du ciel. Comme quoi, hein, la finance, ce n’est pas du tout compliqué.