Eh bien, ça y est, nous y sommes, au premier jour du printemps. Hier, donc, forcément, c’était le dernier jour de l’hiver. On ne s’en est même pas rendu compte. Je ne m’en suis même pas rendu compte. Hier, c’était samedi. Un jour de soleil frais et aujourd’hui, c’est un jour gris, un jour humide. Comme si les choses étaient inversées. Comme si nous quittions le printemps pour entrer dans l’hiver. Quand on vous dit que tout est déréglé. C’est la faute à l’Euro, ça encore. À l’époque du franc, même dévalué, on avait un véritable hiver et on avait des jolis printemps bien distincts.

D’ailleurs, à l’instant même où j’écris ce billet, au début du paragraphe 2, un rayon de soleil vient prétentieusement trouer le plafond gris des nuages presque bas. Et ce rayon de soleil est une offense au temps triste que nous subissons depuis ce matin, comme si c’était le dernier mouvement de cet astre lumineux en pleine agonie. Qu’on ne s’y méprenne, tout ça n’est que du théâtre naturel et spatiotemporel. Tout est écrit, rien n’est improvisé. C’est pour de faux. Il faut qu’on y croie. Ça permet d’en parler autour des machines à café et dans les transports en commun.

Exceptionnellement, nous sommes le premier jour du printemps alors que nous ne sommes que le vingt mars. Est-ce parce que nous sommes dans une année bissextile ? En tout cas, il est précoce, cette année. Sans doute une autre conséquence du réchauffement climatique. Là aussi, il va bien falloir qu’on s’y fasse. Tout fout le camp, ma bonne dame. Tout fout le camp, mon bon monsieur. Et je peux vous dire une chose, c’était quand même vachement mieux avant. Quand le premier jour du printemps tombait un 21 mars. Et pas un 20 mars comme aujourd’hui.