À force de faire du tri, d’ouvrir des boîtes, de parcourir des carnets (nombreux) avec des notes et idem sur des cahiers ou des feuilles quadrillées, je finis par tomber sur des choses étranges, écrites de ma main et qui témoignent de deux choses : je peux être autant prolixe que versatile. Je peux être créatif, très créatif mais dans le domaine de l’écriture, il faut bien que je le reconnaisse une fois pour toutes : je ne vais pas toujours au bout des choses. Et quand je dis « toujours », c’est un bel et doux euphémisme pour ne pas me contrarier tout seul. Parce que parfois, je peux être susceptible. Je ne suis pas un mec convexe mais je suis un mec qu’on peut vexer.

En plus, c’est vrai que depuis que je suis à Bordeaux, depuis que je cohabite avec un ordinateur (fixe ou portable), c’est vrai que je suis devenu à la fois feignasse et inconstant. Je ne sais plus faire quelque chose sur la durée, en me concentrant. Je suis toujours amené à faire une partie de Solitaire ou à aller vérifier quelque chose sur un site Internet pendant que je fais mes comptes ou pendant que j’écris un billet pour ce blog. Je peux même surfer sur la toile tout en cuisinant, la télé allumée et en parlant au téléphone. Pour un peu, je pourrais même faire discrètement pipi (en m’asseyant sur la lunette, quand même) pendant que le fais tout ce que je viens de citer.

Et, pour en revenir à tous ces carnets, c’est insensé le nombre de phrases commencées mais jamais… Et justement, hier, j’ai trouvé ça : « Pendant longtemps, j’ai vécu abstème et je me suis abonni en acceptant de revoir ma… » Ne pas connaître la suite de cette première partie de phrase me laisse en mauvais arroi. Mais je m’en remettrai. En plus, je ne peux m’en prendre qu’à moi. Je n’ai qu’à aller au bout de ma pensée et ainsi… Et ne jamais oublier de terminer mes… Ce serait la seule manière de savoir ce que je voulais dire ou voulais… Parce que maintenant, avec le temps, je ne m’en… Mais alors plus du… Cela signifie-t-il que j’ai de la fuite dans les idées ?