« Stéphane, tu n’aurais pas un parapluie ? » « Non, je suis désolé… »

En fait, j’ai un parapluie. J’en ai même deux. Un dans mon sac Fnac, là, sur la petite armoire à droite de mon bureau et un grand, dans la voiture. Mais quand j’arrive, je ne prends pas le parapluie pour faire les dix mètres qui me séparent du parking de l’entrée du bâtiment. Alors, je me protège la tête à l’aide de ma capuche, s’il pleut trop fort ou alors, je reste tête nue. Un peu de pluie n’a jamais fait de mal à personne.

Oui, mais alors pourquoi j’ai répondu non à Guillaume, quand il m’a demandé si j’avais un parapluie ?

Parce que je ne suis pas prêteur. Parce que c’est pour fumer dehors et que je n’ai pas envie que mon parapluie sente le tabac humide. Parce que le petit que j’ai dans mon sac, je le garde en dépannage et si je lui prête, après, il sera tout mouillé et je ne pourrai pas le remettre dans le sac. Parce que je ne vois pas pourquoi j’irai chercher le grand dans la voiture pour lui prêter car le temps d’y aller, je vais être tout mouillé, moi aussi. 

« Ça n’est ni généreux, ni très chrétien, tout ça, Stéphane. » Je m’en fous. Je ne suis pas là pour être gentil.

En plus, c’est son problème, s’il fume. Ça n’est pas le mien. Alors, soit il arrête de fumer, soit il attend qu’il ne pleuve plus. Et en attendant, je lui suggère de se mettre à bosser. Ça sera déjà ça de pris. Parce que moi, pendant ce temps-là, je bosse, moi, monsieur. Non mais sans blague. De toute façon, je déteste prêter mes affaires, surtout aux gens du bureau. Quand on voit comment ils sont soigneux. Plus négligents, tu meurs.

« On voit le genre et on sait ce qu’on te répondra quand toi, tu auras besoin de quelque chose. » Ça m’est égal, je m’arrange pour n’avoir jamais rien à demander à personne.