Je ne sais pas si c’est vrai mais un couple de visiteurs acquéreurs potentiels semble emballé par l’appartement. Ça ne fait pas longtemps qu’il est en vente mais là, on commençait à se dire qu’on s’était peut-être trompés sur le prix, sur le goût et les besoins des gens. De toute façon, vu sa situation, sur la station de tram Ste Catherine, probablement un des endroits névralgiques de Bordeaux, il fallait espérer vendre l’appartement à un couple d’étrangers. Soit d’une autre région ou de Paris soit carrément des gens qui viennent d’un autre pays et qui ne pouvaient qu’être conquis par l’emplacement on-ne-peut-plus-central d’un tel bien.

Ils ne sont pas obligés de savoir que c’est justement pour ça que nous avons décidé de vendre. Car nous ne voulons plus être dans la foule, dans la foultitude, dans la masse grouillante de chaque jour. Nous ne voulons plus de ces pollutions visuelles, matin, midi et soir et moi, je ne veux plus de ces pollutions sonores nocturnes. Heureusement, l’appartement n’est pas visitable la nuit. Sinon, nous ne le vendrions jamais. Mais bon, ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Ou ne tuons pas la peau de l’ours avant de l’avoir vendu. C’est selon. C’est selon comment on se place. Et sa propre humeur. Moi, la mienne est neutre, aujourd’hui.

Non, en réalité, mon humeur est celle de quelqu’un qui va partir pour un cours avec le coach de gym alors que je suis encore bien à plat de mon état grippal de la semaine dernière. Je vais donc affronter de nouveau les frimas de l’hiver et allez transpirer dans une salle avant de terminer par une bonne douche que j’espère chaude pour reprendre froid au moment de rentrer chez moi. J’aurais préféré rester là, m’étendre sur le canapé et fermer les yeux. Mais non, je n’ai pas le droit. Ce n’est pas dans mon contrat. Je dois assumer. Je dois faire face. Alors, je me motive en me disant que si ça se trouve, on a une vraie touche. Je vous jure que j’ai senti les choses bouger, là.