Il faut dire, à ma décharge, que je m’en moque un peu, des soldes, moi. À force d’avoir le dressing plein de vêtements dont la moitié, au moins, n’est jamais portée, les soldes, c’est vraiment pour ceux dont la carte-bleue les démange. C’est de moins en moins mon cas. En plus, pour aller bosser, inutile de faire des frais vestimentaires, même si je ne quitte jamais mon bureau, ça sent le poisson quoiqu’il arrive. Alors, je vais les user jusqu’à la corde, les vêtements que je mets pour le travail. Les user jusqu’à ce qu’ils n’en puissent plus de sentir la marée. Et du coup, je n’ai pas besoin d’en ajouter dans les étagères ni sur les porte-manteaux. On fait avec le stock et ça me va très bien.

Alors, ce préambule vous aura-t-il convaincu que la faute que j’ai faite hier, c’était vraiment une faute d’étourderie. Car je me suis trompé d’un jour. J’ai annoncé hier que c’était le pénultième jour des soldes alors qu’en vérité, je vous le dis, pas du tout. Hier, nous étions le dernier jour des pseudo-soldes. Et leur pénultième jour, c’était lundi. Oui, mais lundi, je n’ai pas parlé de ça, donc, si je voulais placer ce mot peu utilisé à bon escient, je n’avais qu’à réfléchir un tant soit peu et parler du pénultième jour avant l’anniversaire de Karine mais ça, ça aurait été moins percutant. Sauf pour celles et ceux qui la connaissent. À part mes parents, y en a-t-il parmi mes quatre ou cinq lecteurs ?

Des fois, je ferais mieux de tourner sept fois ma langue dans la bouche de quelqu’un que j’aime avant de parler et de vouloir donner des leçons de vocabulaire français. Et mon honnêteté me perdra car si je n’avais rien dit, ce midi, qui s’en était rendu compte, hein ? J’aurais très bien pu écrire n’importe quelle ânerie, faire n’importe quelle faute d’orthographe, ça serait passé comme une lettre à la Poste. Justement, non, je veux que les choses soient le mieux faites possible. Ce qui s’énonce clairement, se conçoit… ce qui se conçoit… ce qui s’éclaire… ce qui… ce que je pense, c’est que faute avouée est à moitié pardonnée et je m’absous donc en toute légitimité. Ça, c’est fait.