Je suis devant mon écran, les mains presque posées à plat sur le clavier et je me demande de quoi je vais bien pouvoir parler, aujourd’hui. Il y a beaucoup de jours avec, quelques jours entre avec et sans et de rares jours sans. Aujourd’hui, c’est un jour sans. Un jour sans inspiration. Rien. Je n’ai rien qui me vient à l’esprit. D’ailleurs, ai-je seulement encore un esprit ? Vite, des sels pour que je m’en remette. Et que mon esprit revienne. Mon esprit de sels !

Il va bientôt être l’heure de déjeuner et je ne sais même pas si j’ai faim. Là encore, je manque un peu d’inspiration. Parce que je me suis levé avec la migraine, pas une entière, juste une moitié, ma moitié, ma moitié d’orange ou mieux, ma moitié de citron tant cette compagne acidifie ma vie. Et tant cela m’édifie autant que cela m’acidifie. Et donc, je pense qu’il serait raisonnable que je mange un morceau. Après l’écriture et la publication de ce billet.

Peut-être l’inspiration me viendra-t-elle quand j’aurai ma fourchette à la main et que je serai au bord de la porter à ma bouche. Avec un peu de nourriture. De nourriture terrestre pour me permettre de me sustenter de nourritures plus spirituelles (dur, dur, d’être drôle) et donc, de me sustenter de mots afin d’avoir un bon phrasé comme une digestion, sans heurt. Ou alors, avec, ce qui est rare, du bon heurt car sinon, ce serait du mal heurt.

Avec un peu de chance, mon mal de tête disparaîtra pendant que j’ingurgiterai les quelques aliments que je vais avoir dans mon assiette, avant de les voir s’amenuiser comme une peau de chagrin, cela voudra dire que j’ai eu un peu plus d’appétit que je n’aurais pu le croire jusqu’alors. Et donc, aussi, que l’appétit vient en mangeant. Alors que pour la pitié, c’est plutôt en crève-la-faim, qu’elle vient, puisque la pitié, elle vient en mendiant.

Ensuite, comme c’est le pénultième jour des soldes, j’irai sans doute faire un tour de force, un tour de magie et un tour de garde en tentant de faire quelques achats judicieux histoire de me faire un dernier petit plaisir avant… mais avant quoi, diable ? Peu importe, je me laisserai tenter, de toute façon, je le sais. De toute façon, je sais très bien que si je tire sur les cordons de ma bourse, aujourd’hui, je tirerai le diable par la queue demain, mais l’essentiel, c’est de participer. L’important, c’est de tirer.