Il y a des gens, c’est comme une évidence. On sait qu’on est fait l’un pour l’autre et pas seulement pour une histoire d’amour avec mise en couple, vie commune et « ils vécurent heureux et ils eurent beaucoup d’enfants », non, c’est une évidence car ça fait partie des rencontres qui sont importantes. Elles marquent une vie. Elles sont comme indélébiles au fond de soi et quoiqu’il arrive, ça existera toujours, imperceptiblement ou intensément et ça fait toujours du bien quand on y pense. C’est un peu ce qui m’est arrivé, il y a quelques années avec Veronic que j’étais allée voir, écouter et applaudir au Fémina, tout seul, comme un grand. Et ce fut un coup de foudre, une révélation. Donc, je n’allais pas rater notre second rendez-vous, hier, même si l’endroit ne me plaisait pas du tout mais c’est elle qui l’a choisi, probablement et je n’allais pas la contredire, j’avais vraiment trop envie de la (re)voir. Et j’étais là. Et elle était là. Nous étions là, tous les deux. Peu importent les autres.

Je n’aime pas cet endroit qui n’a rien d’un théâtre comme le Fémina, qui n’a rien d’une salle de spectacle, qui n’a rien d’humain, rien de chaleureux, rien de bien. Mais contre mauvaise fortune, j’ai fait bon cœur et je n’ai pas vraiment regretté. Si ce n’est que j’aurais tant aimé un peu plus d’intimité pour que nous puissions parler, tous les deux. Parler de nous. Parler d’elle, surtout. La voir de près. Succomber à son regard singulier, se laisse contaminer par son énergie débordante qui donne envie de vivre à cent à l’heure et être surpris par sa puissance vocale. Elle sait tout faire : chanter, danser, dire des choses très drôles, être sexy et imiter. Bien sûr, tout n’est pas parfait dans les voix qu’elle reprend à son compte mais globalement, je peux dire qu’elle est balaise. Sans vulgarité. C’est un bulldozer dans le corps d’une gazelle. Un colosse aux pieds d’argile. Avec son accent qui, pour une fois, ne m’exaspère pas alors que normalement, avec d’autres, si.

Tout n’est pas parfait dans les imitations, en particulier Barbara alors que l’idée de départ de lui faire chanter « La danse des canards » sur l’air de « L’aigle noir », ma foi, ça surprend mais c’est très drôle voire irrésistible. J’ai essayé de me convaincre que c’était ça mais en fermant les yeux, je ne m’y suis pas retrouvé. Tout comme pour deux ou trois autres chanteuses qui m’importaient moins. En revanche, j’ai encore une fois été bluffé de son jeu de scène et surtout quand elle nous fait Christine and the Queens. Malheureusement, Veronic, la chaleur que tu dégages ne m’aura pas permis de me sentir tout à fait bien pendant ces presque deux heures. J’ai eu froid aux pieds. J’ai gardé mon écharpe autour du cou tout le temps de la représentation. Je suis sorti avec le mal de gorge qui démoralise et ce matin, je suis K.O., j’ai la crève. Je me console en me disant que j’ai attrapé la maladie d’amour. C’est un moindre mal de me dire que c’est avec toi.