C’est triste voire dommageable de commencer son congé de fin de semaine avec un mal de tête qui a tout l’air d’être une migraine qui s’est déguisée pour tenter de passer inaperçue, à quelques jours de certains carnavals. Mais je ne suis pas né de la dernière pluie et je l’ai bien reconnue, sous ses airs de ne pas y toucher. Elle est venue comme ça, sans être invitée, ce matin, alors que j’étais à mon boulot, que je me suis d’abord cru la tête à l’envers car j’ai commencé très tôt, comme tous les samedis. En réalité, au fur et à mesure que les heures passaient, le mal s’est fait plus présent après avoir été surtout insidieux. Heureusement, grâce à cette migraine qui fait son retour de je ne sais pas où, j’ai la chance d’avoir moins mal au cul. Parce que depuis deux jours, je sais que j’ai une tendinite des adducteurs de gauche qui irradie jusque dans la fesse du même côté.

Ce mal de tête serait-il l’antidote dont j’avais besoin pour contrecarrer mon mal de cul ? Y aurait-il un rapport entre le haut du corps et la partie sur laquelle on s’assoit ? Je vais finir par le croire. Et du coup, là, tout en faisant la vaisselle du déjeuner, avant d’aller probablement au cinéma à la séance de 13h30, pour sortir de bonne heure car ce soir, j’ai aussi un opéra, un que je ne connais pas – Simon Boccanegra de Verdi – et ensuite, un dîner à l’Orléans avec Christophe, l’autre retour. Non, pas celui des Mots bleus mais celui qui m’a tant manqué depuis deux ans que je ne l’ai pas vu. Et qui revient de loin, on le sait. Et même qu’on a eu peur pour lui. Qu’il n’en revienne jamais. Mais il est là, il est presque là, il arrive tout à l’heure, en fin d’après-midi.  Lui ne vient pas à l’opéra mais il nous rejoindra à la sortie, le patron, le président et moi.

Donc, tout en faisant la vaisselle, je me disais qu’on peut les associer facilement, le cul et la tête. Déjà, quand on n’est pas très frais, le matin, on dit qu’on a la tête dans le cul. Dans son propre cul, pas dans celui d’un autre. Et quand je dis « propre », je sous-entends une notion de propriété pas de propreté. Bref, je disais qu’on a la tête dans le cul. Rien à voir avec le fait d’avoir le cul dans la tête, là, c’est quand on ne pense qu’à ça. Ça arrive. Justement, tiens, moi, l’autre jour, je… non, je ne vais pas raconter ça ici, ça ne regarde personne. Et moi, là, à l’instant T, je suis entre les deux, entre le mal à la fesse gauche et la migraine dans toute la tête. Vais-je pouvoir supporter une séance de cinéma ? Bah, peu importe, au pire, je m’endormirai devant le film. Au mieux, je le suivrai jusqu’au bout. Et je vais essayer de ne pas