Je ne sais pas ce qui m’a pris tout à l’heure, à l’instant, mais j’ai failli écrire des horreurs et je me suis arrêté à temps parce que sinon, je serais encore passé pour un sale vieux ronchon qui va trop loin et qu’on devrait censurer. Mais comme je pense qu’on peut rire de tout (et même les jours où l’envie de rire n’est pas la plus présente) et tant pis pour ceux qui ne sont pas sensibles à toutes les formes d’humour. C’est vrai ça, on en parlait beaucoup l’an passé, de ce droit à la caricature, de ce droit à la moquerie et de ce droit à la liberté d’expression. Qu’en est-il, aujourd’hui, 26 janvier 2016 ? Je pense qu’on n’a pas tant avancé que ça.

Je vais quand même vous le dire, je vais quand même l’écrire, ce qui m’est passé par la tête pour commencer un billet d’humeur. La phrase qui m’est venue en tête, c’est que tout le monde n’a pas la chance d’avoir un enfant victime d’abus sexuels de la part d’un de ses professeurs, qu’il soit de l’école publique ou dans le privé. Et ensuite, j’aurais fait un deuxième paragraphe qui aurait pu traiter d’un autre sujet tout aussi tendancieux : tout le monde n’a pas la chance d’avoir une femme battue. Ou tout le monde n’a pas la chance d’avoir un parent atteint gravement d’Alzheimer. Ou d’un cancer. Et tout le monde n’a pas non plus la chance d’avoir…

Tout le monde n’a pas la chance d’avoir un chien d’aveugle pour se promener en toute sécurité dans la rue. Oui, bon, dans l’échelle de valeur de l’humour dit noir, celle-ci est d’un tout petit niveau, somme toute. Alors j’aurais pu faire… attendez un peu que j’en trouve un bien… tiens, oui, voilà : tout le monde n’a pas la chance de connaître un terroriste kamikaze. En même temps, être ami avec quelqu’un comme ça, ça ne va jamais bien loin. Mauvaise pioche. Et celle-ci : tout le monde n’a pas la chance d’être chômeur en fin de droit ? Tout le monde n’a pas la chance d’être réfugié en provenance du Moyen Orient. Finalement, j’hésite. Je doute.