Non, je vous dis, je n’ai pas envie. Ce n’est pas un jour pour me demander quoique ce soit. C’est un jour sans. Un jour qui a préféré pleuvoir qu’ensoleiller. Même si on a eu droit à quelques rayons à plusieurs reprises, dans la matinée et au moment du déjeuner. C’est un peu comme mon propre état d’esprit, un peu chagrin, un peu tourmenté, à peine entrecoupé de quelques moments un peu plus calmes, un peu plus doux, un peu plus chaleureux. Quelques instants volés à la migraine. Au mal de cou. À cette sensation de lourdeur. Cette sensation de pesanteur. Bof, c’est ça, aujourd’hui, c’est un jour bof. Pas mieux. Je peux passer mon tour ?

Et le pire est peut-être à venir. En effet, je suis mis à la porte de chez moi, tout à l’heure, à partir de 16h. Une contrevisite de quelqu’un qui est déjà venu ce matin et qui a l’air plus qu’intéressé par notre appartement. Mais attention, une contrevisite, même si elle débouche sur une offre, il faut savoir que pas aujourd’hui, j’ai la migraine et je suis ronchon. Je n’ai pas envie de devoir partir de chez moi alors que je n’ai qu’une seule envie, celle de m’allonger sur le canapé et faire le mort. Si encore je pouvais le faire pendant qu’ils vont venir, si j’étais sûr qu’ils ne me voient pas mais je crains de ne pas passer inaperçu.

Contre mauvaise fortune bon cœur, ma foi, quand on ne peut pas faire autrement, on fait avec. Et je me vengerai. Je ne sais pas comment mais je me vengerai. J’espère qu’ils ne vont pas demander un prix pour l’appartement car comme nous ne trouvons pas autre chose, tant que nous n’avons aucune piste sérieuse, je considère que nous ne sommes pas pressés et donc, nous ne négocierons pas au risque de vendre trop vite et pas assez cher. Bref, cette migraine tombe plutôt bien, vais-je finir par dire. Comme ça, je ne suis pas obligé de dire oui. Aujourd’hui, je n’ai pas envie de dire oui. Je n’ai envie de rien. Si ce n’est de me mettre en position horizontale.