Et si on disait qu’on serait le 6 janvier 2015 et que les attentats de Charlie Hebdo et ceux de l’Hyper Casher n’avaient pas eu lieu car ils n’auraient pas lieu ? Oui, parce que si on disait que les terroristes, ils auraient raté leur coup en ratant leur train, en étant coincés dans des embouteillages ou en n’ayant pas entendu leur réveil et qu’en même temps, si on disait que la police spécialisée avait pu les repérer et déjouer leurs projets avant même qu’ils n’aient le temps de lever le petit doigt , je pense que ça allègerait un peu toute l’année 2015 à venir.

Bien sûr, on n’aurait pas connu le grand élan de solidarité et de fraternité du 11 janvier mais on aurait pu s’en passer, surtout dans les conditions qu’on connaît. Alors, de ce fait, on peut se demander, si nous étions début 2015 et que les attentats de janvier n’avaient pas lieu, on peut se demander comment aurait été le reste de l’année. Charlie Hebdo aurait peut-être été obligé de s’arrêter pour manque d’argent. Peut-être que d’autres vocations de djihadistes ne seraient pas nées parce que probablement que l’élan Je Suis Charlie en a énervé plus d’un, aussi.

Peut-être même qu’on n’aurait pas connu non plus les attentats du mois de novembre et qu’on n’aurait donc pas perdu toute cette jeunesse sacrifiée sur l’autel de la barbarie. Et en poussant le raisonnement un peu plus loin, si on disait qu’on serait le 6 janvier 2007, avant la crise de 2008 et avant Daesh… notre principal ennemi serait encore Ben Laden. On serait encore et toujours en train de vouloir l’attraper. Et on serait loin d’imaginer ce qui pourrait nous attendre de pire que les attentats du 11 septembre 2001.

En partant de ce principe-là, on peut aussi se dire qu’on a qu’à dire qu’on pourrait être le 6 janvier 2004 et apprendre que les attentats de Madrid n’auront pas lieu en mars car la bande de terroristes aurait été arrêtée. Tout ce genre de choses bien qui n’arrivent que dans les films. Ou encore, on pourrait dire qu’on est le 6 janvier 1996 et qu’il est encore temps de stopper ce scandale de la vache folle. On est tellement pris dans le tourbillon de vie qu’on s’est créé qu’on est même capable de se tuer sans demander l’aide de fanatiques.

On pourrait aussi remonter ainsi jusqu’au 6 janvier 1986 et faire en sorte que Tchernobyl et toutes ses conséquences n’arrivent pas. Ou encore au 6 janvier 1981, avant que les premiers cas de Sida ne soient découverts. Ou au 6 janvier 1967, pour qu’on fasse tout pour que la guerre des Six-Jours n’existe jamais. Ou le 6 janvier 1959 pour que je ne sois pas conçu. Et qu’on voit si, par le plus malheureux des hasards, il pourrait y avoir un rapport de cause à effet entre ma naissance, fin 1959 et tous ces dramatiques événements depuis que je suis né. Mais j’ai du mal à y croire moi-même.