C’est vrai, ça, je suis surpris que personne ne m’ait posé la question, avant-hier, dans mon billet intitulé « le tri sélectif » et donc, du coup, je me la pose tout seul et je me remercie fortement et avec un peu d’admiration, de me l’être posée. Car cette question est une bonne question et elle mérite une réponse à sa hauteur. Veuillez me suivre dans le paragraphe juste après celui-ci.

Pourquoi donc commencer le tri de mes affaires en vue d’un éventuel déménagement cette année par mes slips et mes chaussettes. Eh bien parce que je n’ai pas voulu commencer par faire le tri dans mes papiers ni dans mes livres. Parce que le président n’a de cesse de me demander de le faire. Parce que je suis un peu rebelle. Et parce que j’ai voulu commencer par le plus lourd.

Comment ? Entends-je au fond de la salle (j’aurais évidemment préféré une propre mais on fait avec les moyens du bord, on est d’accord)… Oui, j’ai bien dit que j’ai commencé par les slips et les chaussettes car c’était le plus lourd. À mes yeux. À mes pieds et à mon sexe. Alouette… ah tiens, non, là, ça ne marche pas. Pas grave. Je tenterai ma chance une autre fois avec une autre partie de mon anatomie.

N’en déplaise aux esprits chagrins, je trouvais, avant-hier, que trier mes slips et mes chaussettes me semblait un effort plus douloureux que de trier mes livres qui n’ont pas réellement besoin de l’être, en vérité, je vous le dis. Et donc, j’ai trié mes deux bacs à slips et chaussettes. Et je me suis séparé de tous ceux, propres, évidemment, qui ne me plaisaient plus, qui ne m’allaient plus ou dont je ne voulais plus.

Et mine de rien, je vous le donne en mille, Émile (encore un tout petit peu de patience, ça vient), imaginez que vous devez remplir un carton de dix kilos de slips et de chaussettes et un autre de dix kilos de livres. Quel sera le plus lourd, le plus difficile à porter ? Celui des slips et chaussettes, bien sûr. Parce que comme ça ne pèse pas lourd individuellement, il faut un carton plus grand pour atteindre le même poids.

Donc, le carton, plus grand, nettement plus grand, carrément trop grand, il est quasiment impossible de le porter tout seul à moins d’avoir des bras de deux mètres de long. Ce qui n’est pas mon cas. Et un carton de dix kilos de livres, c’est forcément moins encombrant et le rapport entre la taille, la masse, le poids, l’envergure des membres qui vont le porter et la bonne foi qu’on mettra à vouloir les porter et vraiment en faveur du carton de bouquins.

Donc, mes deux sacs de chaussettes et de slips, dans ma tête, ça faisait partie des choses lourdes. Celui de chaussettes, il va aller dans un container de récupération pour linge d’occasion. Celui des slips, il va aller dans un endroit secret dont je ne dévoilerai jamais le lieu même sous la torture. Car je n’aimerais pas que des lecteurs fétichistes et idolâtres aillent s’y précipiter pour se servir.