Est-ce que je dois attendre les bonnes résolutions pour l’année nouvelle qui ne va pas tarder à pointer le bout de son nez ou est-ce que je peux m’y mettre dès à présent ?

Je ne parle pas de mes relations amicales ni familiales. Là, je n’ai aucun tri sélectif à faire vu qu’il se fait automatiquement au fur et à mesure du temps qui passe. Et ça ne dépend pas que de moi mais également de ceux dont il est justement question. La vie fait souvent son travail de sape et parfois, elle nous réserve quelques belles surprises en nous remettant sur le chemin (ou en nous remettant sur le chemin) des gens qu’on aurait perdus de vue, un peu ou beaucoup oubliés. Et dans le meilleur des cas, tout repart comme si de rien n’était. Sauf qu’il y a un espace difficile à combler, celui de l’absence et des choses non partagées pendant une certaine durée. On fait avec. On s’accommode de tout et tout va bien. On évoque parfois ce temps d’éloignement mais pas plus que ça.

Je ne parle pas non plus de mes relations de travail car je n’ai pas de relation particulière au travail. J’ai des collègues et un point c’est tout. Ceux que je pouvais fréquenter, peu ou prou, en dehors du boulot sont déjà tous partis pour voir ailleurs si je n’y étais pas et, bien sûr, je n’y étais jamais. Donc, j’ai appris à faire sans eux. Il me reste les autres, ceux dont je me sens plus proche et ceux, plus nombreux, qui m’importent peu. On se dit bonjour, on se pose des questions sur le travail, on se rend des services en rapport avec le boulot et on se dit au revoir, rien de plus. Le minimum syndical, quoi. Ce qui fait que nous sommes ce qu’on appelle des gens civilisés. On a appris à vivre ensemble dès qu’on franchit le pas de la porte de l’entreprise. Et pourtant, parfois, hein…

Non, je parlais de mes affaires. Parce que maintenant que l’appartement est officiellement en vente, on ne sait pas ce qui peut se passer. Il peut faire l’objet d’un coup de cœur pour un acquéreur aussi vite que ça peut aussi prendre des mois et des mois. Dans l’hypothèse où ça pourrait aller très vite, autant prendre les devants car il va aussi falloir en trouver un autre, qui nous plaise mieux et il va falloir préparer ce que nous redoutons le plus : le déménagement et faire le vide dans quinze ans d’entassement. Notre appartement n’ayant jamais été extensible, il y en a partout et parfois, dans des cachettes, je ne vous dis pas. J’ai donc commencé dès ce matin. Sachez que j’ai trié tous mes slips et mes chaussettes et j’en ai deux grands sacs pleins à donner.

Tout est propre, tout n’est pas neuf mais tout est en bon état. Qui n’en veut ? Tout à l’heure, je me mettrai dans la paperasse. Là, il n’y aura rien à récupérer, qu’on se le dise.