Franchement ? On était tous d’accord pour dire qu’elle l’avait bien cherchée, la pouffe perchée sur ses chaussures à semelles compensées, toute maquillée de partout et surtout, avec son short à ras le bonbon, même s’il fait grand soleil, dehors, on est quand même au mois de décembre, ce n’est pas du tout la saison de montrer son entrecuisses aux premiers quidams venus, si ?

En tout cas, non seulement elle était à la limite du ridicule, déguisée comme elle l’était mais en plus, tout dans ses attitudes témoignait d’un caractère insupportable de petite fille capricieuse qui pense que tout lui est dû. Peut-être même pense-t-elle sérieusement que le soleil se lève et se couche dans son nombril ou pire, son trou du cul. Brrrr, qui n’a jamais entendu parler des soleils noirs ?

Insupportable, oui, car justement, elle n’avait que son portable comme centre d’intérêt après sa propre personne outrancière. Son portable qu’elle ne faisait que consulter. Si ça n’avait été que ça, passe encore mais non, il lui fallait commenter les SMS qu’elle échangeait, les pages qu’elle consultait et ça rendait dingue même son propre mec qui était au bord de n’en plus pouvoir.

Je le voyais, lui, bouillir en son for intérieur, jetant des regards noirs à sa nana comme pour lui faire comprendre que ça suffisait. Et elle, je la voyais, inconsciente de tout ce qui l’entourait, inconsciente de tout ce qui n’était pas elle et son portable. Et quand elle a voulu montrer quelque chose à son mec, celui-ci, qui n’en avait vraiment rien à faire, a fait un geste brusque qui a fait tomber le téléphone.

Elle a commencé à pousser des grands cris. Pire que si on était en train de la violer. Elle était carrément hystérique et lui, qui la connaissait bien lui a donné une claque pour lui remettre ses deux neurones en place. Ça l’a calmée aussitôt. Elle a repris son portable. Et, frénétiquement, a repris ses échanges de messages. Cette pintade à la joue rougie. Cette dinde au marron. Cette pouffe de circonstance.