Alors que pour la plupart des gens, en tout cas, dans les pays chrétiens, le plus important est encore à venir, pour moi, en ce qui concerne Noël, le plus gros est passé et ça n’est pas dommage. À l’heure qu’il est, 14h05 presque pétantes, je peux le dire haut et fort, Noël, Noël 2015, ça, c’est fait.

J’en suis heureux mais je me demande si je ne suis pas plus épuisé que satisfait. Épuisé par trois jours de marathon dans mon travail, trois jours de folie pendant lesquels j’ai passé plus de temps à tenter de comprendre ce qui avait été fait, mal fait ou pas fait du tout avant de pouvoir rectifier le tir. Trois jours de folie pendant lesquels j’ai pensé plusieurs fois que j’allais abdiquer et laisser ma place à qui la voudrait.  Parce que, soit c’est moi qui vieillis à vue d’œil et qui ne suis plus capable. Soit ça vient des autres et dans tous les cas, j’ai de plus en plus de mal à travailler dans une entreprise dont on pourrait croire qu’elle n’est pas dirigée.

Trois jours de malade à transpirer, à me crisper du cou, à me donner des maux de tête, à user mes bouts de doigts sur le clavier de l’ordinateur, à tout autant user mon stylo rouge (un stylo entier en trois jours ! – il faut dire que je n’écris qu’en rouge, au bureau) et à transpirer de l’intérieur. Je suis sûr que j’étais au bord de l’explosion nucléaire et que si ça c’était produit, ça aurait eu des conséquences dramatiques dans l’entreprise car on aurait retrouvé des petits bouts de moi éparpillés un peu partout mais aucun de ces petits bouts de moi n’aurait pu être efficace. Il aurait fallu me trouver un remplaçant dans l’urgence. Ce qu’on aurait peut-être pu faire vu qu’on ne sait faire que ça, l’immédiateté.

Nous ne sommes pas capables de prendre du recul (comment voulez-vous que nous nous embrassions ?) et de ce fait, c’est la foire au grand n’importe quoi en permanence et moi, je vous le dis haut et fort, aujourd’hui, 24 décembre 2015, à 14h15 pas encore pétantes, c’est un métier de jeune. Et moi, par définition, un métier de jeune, ce n’est plus pour moi. En tout cas, le plus gros est passé. Un peu comme un suppositoire. C’est le premier millimètre le plus difficile. Après, on est en condition et ça passe tout seul. Eh bien, pour moi, maintenant, Noël, ça va passer tout seul. Probablement sans douleur. Mais pas forcément avec du plaisir pour autant.

Dans tous les cas de figure, même si j’ai déjà mes cadeaux depuis plusieurs semaines, je ne les ai toujours pas emballés. Je le ferai demain matin de bonne heure. Comme ça, je serai peut-être payé en heure de nuit. Ce sera déjà ça de pris.