Et si on disait qu’on annulait Noël, cette année, vu qu’il fait vraiment trop beau, voire trop chaud pour y croire et qu’un Noël qui n’est pas blanc mais bleu comme un ciel pur d’après COP21. Et vu que de toute façon, c’est la crise et que les gens n’ont plus de sous. Ils n’ont pas assez de sous pour acheter à manger en temps normal alors, vous pensez bien que toutes ces tentations, hein ?... Et que, après ces événements du mois de novembre, à Paris, on n’a pas vraiment le cœur ni la tête à faire la fête… Hein ? Qu’en dites-vous ? Oui ?... Non ?... Il va falloir se décider et vite car si ça se trouve c’est même déjà trop tard pour les commandes de fruits de mer et de foie gras. Et si ça se trouve, encore, trop de cadeaux sont déjà prêts. Impossibles à annuler. Bah, comme trop nombreux sont ceux qui seront revendus dès le lendemain…

Et si on disait qu’on gardait malgré tout le changement d’année, dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier car de toute façon, ça, on n’y peut rien, c’est valable pour tout le monde (à quelques exceptions près) et qu’il n’y a aucune connotation religieuse derrière un Nouvel An et que de toute façon, 2016, qui arrive bientôt, on le sent déjà qui pousse 2015 dans ses retranchements, et que, de toute façon, donc, 2016, année bissextile s’il en est, on n’a pas le choix, on va devoir faire avec et justement, avec un jour en plus, le 29 février, si c’est une mauvaise année, elle durera encore plus longtemps que 2015. Est-ce que c’est ça qu’on a envie de subir, une fois de plus ? À moins que… à moins que 2016 soit l’année de l’éradication de Daesh et consorts.

Et si on disait que je vais prendre bientôt plein de bonnes résolutions comme jamais dans toute ma vie. Et si on disait que j’allais devenir le plus tolérant de tous les êtres vivants ? Que je ne tuerai plus jamais un seul moucheron dans ma cuisine. Que je ne pesterai plus contre les vélos qui roulent systématiquement sur les trottoirs. Que je ne m’énerverai jamais, plus jamais au volant de ma voiture et que j’apprendrai à prendre mon temps sur les routes. Que je vais vraiment me mettre à commencer à vider des affaires en vue d’un éventuel déménagement en 2016. Que je vais arrêter de mal dormir la nuit. Que je n’aurai plus peur de cet avenir qui nous guette au coin des jours futurs. Bon d’accord, mais je peux toujours rêver de devenir dictateur, un jour ?