D’après les données statistiques officielles, je viens d’apprendre qu’au cours de ma vie (qui n’est pas encore terminée à l’instant où j’écris ces lignes), j’aurai passé un certain nombre d’heures pas forcément très productives, pour certaines et d’autres, pas assez nombreuses à mon goût, quand elles sont en rapport avec des choses agréables. Je vous propose de faire le point sur les heures passées de façon plaisante et celles, qu’on subit et qu’on aurait préféré passer dans la première catégorie.

Dans toute ma vie, je devrais avoir passé entre 20 et 25 ans à dormir. Alors, on va relativiser et dire que j’aurais passé 20 à 25 ans dans mon lit mais pas forcément à dormir. Et je ne sous-entends aucune galipette mais je tiens compte des nombreux réveils intempestifs qui auront perturbé d’autant mes nuits et donc mon compteur. Et si je me place du côté des revendicateurs, j’ai envie de dire que j’ai été volé et qu’on me doit des heures de sommeil réparateur. On me doit réparation.

En cumulé (ce qui n’est pas une grossièreté, quand on le prononce à voix haute), j’aurai passé entre  800 et 1000 heures à attendre un train, un métro, un tram, un bus ou un avion. Heureusement que ça n’est pas indiqué plus car c’est un coup à vous faire prendre systématiquement votre voiture. Mais là, c’est sans réfléchir et donc sans compter que l’on passe beaucoup de temps dans les embouteillages, aussi. Et là, j’aime autant ne pas le savoir.

Sinon, il paraît aussi que je vais avoir perdu 60 heures de ma vie en attentes téléphoniques. Et ce, encore plus depuis les répondeurs avec des gens qui vous disent d’appuyer sur 1 ou sur 2 et zut, comme on vous parle en même temps, vous n’avez pas retenu et vous êtes obligé de recommencer l’appel et d’être très attentif, cette fois. Combien de temps à appuyer sur 1 ou sur 2 ? Je n’ai aucune statistique à ce sujet mais la question mérite d’être creusée.

Dans les choses pas très drôles, j’aurais sans doute passé un à deux ans de ma vie à être malade. Peut-être plus près des deux ans que d’un an car en tant que migraineux patenté, même si j’ai commencé à prendre ma retraite de ce point de vue-là, des jours de crise, j’en ai connu. J’ai donc envie de dire que je suis plus entre deux et trois ans de ma vie à avoir été malade. Ça tombe bien, il faut que je fasse tout mieux que tout le monde, moi.

Passons à des choses un peu moins rébarbatives : je vais sans doute passer l’équivalent d’une année pleine à rire. Je veux dire une année en rires cumulés. Du simple rire qui ne dure qu’une seconde à ceux, plus fous, qui peuvent durer plusieurs minutes. C’est bien mais ce n’est pas assez quand on compare cette donnée à celle de l’attente téléphonique ou de la maladie. Je pense qu’on devrait apprendre à rire deux fois plus pour compenser le reste. À étudier.

Enfin, je garde le meilleur pour la fin, pour la bonne bouche, si je puis me permettre. Et le meilleur, à votre avis ? Évidemment, ça touche au sexe. Il paraît que dans toute ma vie, j’aurais dépassé les 10 heures cumulées en orgasme. Reste à savoir si, par orgasme, on entend éjaculation ou si déjà, le plaisir qu’on prend dans la tête, ça compte pour du beurre ou pas. Et puisqu’il est question de beurre… Non, on ne va pas parler du cul de la crémière ni du crémier. Un peu de tenue, non ?