Il paraît qu’il faut avoir choisi entre croire au destin ou au hasard et probablement que ceux qui pratiquent une religion sont plus portés vers le destin, la fatalité et tout ce qui est écrit alors que ceux qui sont plus de l’ordre de l’athéisme. Et moi, j’avoue avoir toujours eu une préférence vers les hasards. Je fais partie de ceux qui disent que tout est hasard. Ou que rien ne l’est. C’est pourquoi, hier, j’ai trouvé que le hasard faisait bien les choses car il faudrait vraiment n’avoir que ça à faire pour avoir écrit à l’avance ce que j’allais faire dans mon après-midi après avoir reçu Alexandre T. pour vendre l’appartement. Mais ça, c’est une autre histoire.

Oui, parce que quand le rendez-vous a été terminé, je suis sorti, sous une petite bruine grisâtre avec deux objectifs : aller livrer au patron une boîte hermétique de lentilles maison cuites lundi soir et passer chez Afflelou pour récupérer mes nouvelles lunettes. Juste une paire histoire d’en avoir deux, des paires. Car, si je suis très content des lunettes que j’ai depuis deux ans, j’avais envie d’en avoir d’autres, d’une autre couleur, histoire de pouvoir changer quand l’envie me prendra par surprise ou par derrière. Dans les deux cas, ça me fait toujours sursauter, alors, ne vous en privez pas, faites donc, je vous en prie, faites donc.

Et donc, j’ai trouvé ça très drôle, l’idée d’aller chez le patron pour échanger mon plat de lentilles contre… mais contre quoi, d’ailleurs ? Contre rien, ce n’était pas pour faire du troc mais j’en avais cuisiné beaucoup exprès afin de lui en apporter car je sais qu’avec Claude, ils aiment bien les lentilles à ma façon. Et ensuite, je devais donc aller chercher ma deuxième paire de lunettes. Et c’est là où c’est drôle, non ? Imaginez juste un instant que je me sois trompé : que je sois allé livrer une boîte hermétiques de lunettes au patron et que je sois allé chercher mes nouvelles lentilles. Moi, si ça me fait sourire, comme ça, ensuite, en y réfléchissant de plus près : ça ne peut pas être le destin, ça. Ou alors, je ne m’y connais pas.