Oui, à partir d’hier, j’ai commencé sérieusement à consommer les restes. Les restes de ma vie. Les reliefs, comme on dit pour ce qui est du domaine de la table. Parce que même si tous les jours, c’est un peu le premier jour du reste de ma vie, chaque année, à date fixe (un peu comme Noël, le jour de l’An et le 11 mars, journée mondiale de la plomberie…), toujours à la même période.

Heureusement que je ne suis pas naïf à ce point-là car pour un peu, j’aurais pu croire que toutes ces guirlandes lumineuses, partout où je vais, à cette période précise, j’aurais pu croire que c’était en mon honneur mais ma modestie n’aurait pas souffert un traitement aussi ostentatoire. Non, je veux bien être aimé mais que des gens qui m’importent peu ou prou, pas forcément des autres.

Et je suis là, le lendemain du jour J, avec la crève qui fait que franchement, ça sent déjà l’hiver et je zone sur le canapé ou alors, je viens ramer sur Internet. Je ne peux pas dire que je viens surfer car je n’ai envie de rien en particulier. Aucune curiosité pour rien, aujourd’hui. J’ai terminé ma semaine, une semaine longue, un peu éprouvante, sur les rotules alors comment voulez-vous m’embrasser ?

Je rame sur Internet histoire de ne pas perdre totalement mon temps mais l’envie de tout me manque. J’ai encore tout donné ce matin, à mon travail et ensuite, en allant porter les 60 bouteilles que nous faisons envoyer à Arnold pour ses 60 ans (la semaine prochaine) par Mail Boxes Etc. sans doute le plus gros envoi que je n’aurai jamais fait de toute ma vie d’avant. Et de celle d’après.

Voilà, ce premier jour du reste de ma vie d’après hier est un nouveau jour mou, un jour pas trop avec mais pas tout à fait un jour sans. Un jour de peu, en fin de compte. Un jour d’éternuements et un jour de nez qui coule alors qu’il fait grand soleil et ciel bleu dehors. Ce qui prouve que je ne suis pas toujours à la hauteur du monde qui m’entoure. Ou l’inverse. Aujourd’hui, je me sens aquoiboniste.