Forcément, on est tous, je suis un peu plus à cran qu’en temps normal et si l’émotion est totale depuis samedi matin, pour moi, la moindre chose que je peux voir, lire ou entendre ne fait que la renforcer comme si c’était encore possible d’être plus bouleversé. Évidemment, je suis empli d’une tristesse infinie quand je pense aux victimes, à celles qui sont mortes, à celles qui sont blessées voire grièvement blessées mais aussi à leurs proches, à celles qui ont pu assister à ces carnages et qui s’en sont sorties. Et ce soir, je mettrai des bougies sur mes rebords de fenêtre. Et ce midi, bien sûr que je respecterai la minute de silence.

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Et quand je vois tous ces hommages rendus à la France dans le monde entier, ça accentue encore mon émotion car je ne pensais pas que le reste de la planète serait aussi touché que ça. La France conserve donc un statut de nation respectable, malgré tout. Quand je vois tous ces lieux, tous ces monuments, ces bâtiments aux couleurs de notre drapeau tricolore, j’ai la gorge nouée. De l’opéra de Sydney au Corcovado de Rio, de la mairie de San Francisco à la tour de la télévision de Shanghai, du Mur des Lamentations de Jérusalem, de l’Empire State Building de New York à la porte de Brandebourg de Berlin…

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Mais je crois que pour moi, outre les images de tous ces anonymes qui se sont rassemblés en France ou ailleurs dans le monde, une image qui restera très forte, à jamais gravée dans ma mémoire et dans mon cœur, c’est au MET de New York quand l’orchestre et le chœur ont entamé la Marseillaise et que le public s’est levé, chantant lui aussi, à l’aide des paroles qu’on lui avait remises. Le monde entier debout contre la barbarie, le monde entier en soutien de la France. Et n’oublions pas les rabbins et les imams qui se sont rejoints pour parler d’une même voix. C’est dans l’adversité qu’on reconnaît ses amis. On l’oublie un peu trop souvent et même si ça fait mal, ça fait du bien.