C’est vrai que quand je le veux, je peux être très con. Et même si je ne le veux pas, aussi, bien sûr. J’en veux pour preuve ce que je viens de faire, à l’instant, en rentrant du boulot, hei hi, hei ho. J’étais en train de parcourir un mensuel de recettes de cuisine et je me suis arrêté un instant sur une pub pour des produits sucrés et tout ce qu’il faut, sans doute, pour enrichir le surpoids de nos chers enfants grossissants.

En bas de la page, il y a la formule consacrée par le politiquement correct : « bougez et mangez cinq fruits ou légumes par jour » ou des machins de ce genre. Comme les bandeaux qui défilent sur nos écrans de télé quand il passe de la pub pour les produits en chocolat ou les sodas soit disant allégés et pas gras. Et je me suis dit que j’allais obéir au pied de la lettre aux injonctions du gouvernement et des députés qui ont pondu cette loi d’affichage au sujet de notre sécurité.

Alors, j’ai choisi deux grains de raisin pour le dessert : un de muscat et un de chasselas (un noir et un vert) après avoir mangé un grain de maïs, une lentille et un radis rose. Et pour être certain d’en avoir pris suffisamment, j’ai ajouté un petit pois à mon mélange de légumes.

Voilà, c’est fait, j’ai mangé mes cinq fruits et légumes du jour. Maintenant, j’ai le droit de me taper un tiramisu sans culpabiliser et une tarte Tropézienne et pourquoi pas un café liégeois avec beaucoup de crème chantilly. Après tout, qu’est-ce que je risque à m’empiffrer de choses grasses et sucrées puisque j’ai mangé ma ration plus que conseillée par nos dirigeants et les multinationales qui nous vendent leurs merdes ?

Et si je prends un gramme, j’attaque l’état français pour publicité mensongère. Mais là, dans l’immédiat, je vais aller cuver mes desserts. Quelque chose me pèse sur l’estomac. Peut-être est-ce le petit pois que j’ai ajouté en dernier ressort. Je crois que c’est bien lui qui me pèse sur l’estomac. Je n’aurais peut-être pas dû… La gourmandise me perdra.