Quand je pars travailler, vers 4h20, chaque matin, ça me rend plutôt triste.

Un peu triste parce que d’abord, dès que j’arrive dans le hall de l’immeuble, sur le perron, un jour sur deux, les poubelles vidées depuis la veille au soir tard, sont exactement mises devant la grille. Alors, ça va que je suis valide et que j’ai rarement les deux mains occupées à cette heure aussi matinale mais franchement, une personne avec un peu plus de difficultés pour se déplacer, comment fait-elle pour sortir de chez elle ? C’est comme l’autre fois, cet été, ou une voiture était carrément stationnée devant la grille, empêchant toute entrée et toute sortie de la résidence. Je dois avouer que sous l’impulsion d’une colère subite, j’ai donné des grands coups dans le rétroviseur passager qui était juste sous mes yeux.

Assez triste parce que, ensuite, dès que j’ai tourné le coin de rue pour prendre Ste Catherine, sur une trentaine de mètres pour rejoindre la rue des Ayres, ce ne sont que des poubelles renversées, la plupart vides, certes mais quand même. Et sinon, ce sont des détritus jetés à même la voie publique. Et les éboueurs ne sont pas tenus de ramasser ce qui n’est pas dans les containers prévus à cet usage. Donc, ça reste par terre qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il neige jusqu’à ce qu’une machine très bruyante passe un peu plus tard, avant l’ouverture des magasins, afin de montrer patte blanche aux consommateurs qui vont se presser pour consommer à outrance. Mais verraient-ils seulement ces détritus à terre, ces aveuglés de la carte bancaire ?

Particulièrement triste car ensuite, c’est rue du Hâ que c’est immonde. Des poubelles qui n’en peuvent plus d’être gavées comme des canards d’élevage intensif. Qui débordent de déchets qui ne respectent même pas le tri sélectif. Sans oublier les choses jetées à terre, sans doute inconsciemment ou alors, pire, volontairement par des jean-foutres qui méprisent l’environnement comme les gens qui les entourent. Après eux le déluge et les autres sont là pour faire le ménage à leur place. Et même le nouveau restaurant de la rue, qui ne fait pas autant le plein dans sa salle que dans ses containers. Comment avoir l’idée d’aller manger dans un nouveau lieu dont les propriétaires sont aussi négligents de ce point-de vue-là ?

Finalement, ce n’est que partie de ce qui me rend triste dès le matin, quand je pars travailler. Dois-je raconter la suite de ce que je vois tous les jours ou est-ce assez explicite comme ça ?