Oui, je trouve ça bien, puisque je vous le dis et non, je ne vais pas râler et encore moins critiquer. J’ai décidé que ça ne serait plus mon genre de me mettre en colère à chaque fois que quelqu’un ou quelque chose me dérange, heurte ma sensibilité ou me semble inapproprié à la vie en collectivité.

Donc, je le dis et je le redis, oui, je trouve ça bien. Si, si. Je trouve ça très bien, même et il vous faudra vous lever d’encore plus bonne heure que moi pour m’entendre râler contre ça. Et contre tant d’autres choses qui me mettaient les nerfs en pelote il n’y a pas si longtemps que ça. Il n’y a que deux ou trois heures, même. C’est vous dire si j’ai changé, comme dirait Sarkozy. Comme quoi, hein, quand on veut, on peut.

Oui, oui, je trouve ça bien et même mieux que ça, je trouve ça parfaitement normal et justifié. Bien sûr, à condition d’oublier que ça n’a aucun intérêt et que ne sert à rien mais sinon, je vous jure que je trouve ça bien. Je n’aurais pas fait mieux. Donc, avec ça, si vous ne me croyez pas, c’est que vous y mettez de la très mauvaise volonté. Je trouve ça vraiment bien de ne pas être pris de court et donc, de s’y prendre autant à l’avance.

C’est vrai que je trouve ça bien d’avoir commencé à installer les décorations de Noël dans les rues, dans les centres commerciaux et dans certains magasins qui présentent déjà des sapins enguirlandés et avec des grosses boules dans leurs vitrines. Je trouve ça bien d’autant que ça ne risque pas d’énerver les enfants trop tôt et surtout, ça ne les pose pas en consommateurs non avisés. Non, non, vraiment, c’est bien. Je n’ai rien à redire.

Je trouve ça d’autant bien que je suis sûr que ça ne coûte pas plus cher à la municipalité (et donc, à nous, les contribuables qui voient leurs impôts locaux augmenter à raison, évidemment) de décorer les rues commerçantes à un peu plus de huit semaines de Noël. Je m’autoriserais même à émettre un avis, si on me le permet : pourquoi ne pas s’y prendre plus tôt, encore ? C’est vrai, ça, dès la rentrée scolaire de septembre, ça serait ça de fait et on n’aurait plus à le faire.

Ou encore mieux, pourquoi pas dès la fin de l’année scolaire, début juin (pardon ? C’est fin juin ? Ah bon...) afin de faire oublier aux enfants qu’il y a les cruelles grandes vacances à passer et qui nous rappellent qu’on est encore vachement loin de Noël et de sa promesse de profusion de cadeaux inutiles. Et honteux. Et indécents. Et inflationnistes. Non, si j’écris ces mots-là c’est juste pour vous faire comprendre que j’aurais pu les dire si j’avais été en colère, ce qui est loin d’être mon cas.

Si, si, vraiment, je trouve ça bien et bien sûr que non, je ne vais pas râler. Je sais combien la critique est aisée alors que l’art est si difficile. Mais il n’empêche que c’est franchement du grand n’importe quoi. On se demande dans quel monde on vit. Et si on ne marche pas définitivement sur la tête. Reste calme, Stéphane, reste calme ou tu cas encore faire migraine.