Je n’ai pas envie et pourtant, je n’ai pas le choix, je dois bien faire avec.

Il y a des jours où on a envie de rien. Le ciel est triste, la vie est grise, un seul être vous manque et tout est dépeuplé. On s’est levé avec l’envie de ne surtout pas le faire mais on l’a fait quand même. Et la seule chose qu’on puisse dire pour tenter de s’en sortir la tête haute, sans aucune fierté, pourtant, c’est « pas aujourd’hui, j’ai la migraine » en espérant que le monde entier vous fiche la paix. Une paix durable. Avec des faux airs d’éternité.

Eh bien, aujourd’hui, c’est un jour comme ça, un jour sans. Un jour avec rien. Un jour de rien, un jour qui ne compte déjà plus. Un jour qui ne restera pas dans les annales. Un jour de peu. Un jour de moins que rien. Un jour de vaurien. Et dans sa bande de vauriens, je sais qu’il y a ma plus mauvaise amie, celle qui ne me veut jamais de bien. Je le sais et elle sait que je le sais. Mais bien souvent, je parviens à l’ignorer, à la mépriser. Sauf qu’aujourd’hui, elle a sorti le grand jeu.

Je dois bien faire avec. Faire avec pour un jour sans, quelle cruelle ironie. Alors, le mieux, c’est de faire comme si de rien n’était. Faire semblant de… lui faire croire que je m’en fous. Ma plus mauvaise amie a l’air de vouloir revenir depuis quelques temps. Sournoisement. Jamais en face. Toujours par derrière. Je flaire ses mauvais coups. Alors, pour la faire disparaître, pour tenter de la faire disparaître de ma vue, je prends un Doliprane et je ferme les yeux. Avec un peu de chance…

Sauf qu’aujourd’hui, c’est un jour de peu, c’est un jour de rien, un jour de pas de chance.