Je m’auto-sacre dictateur jusqu’à ce que mort s’en suive et n’en déplaise aux esprits chagrins, à partir d’aujourd’hui, je promulgue les trois premiers décrets que j’ai décidés de faire appliquer immédiatement et sans contestation sous peine de se voir déporter dans un pays aux mains d’extrémistes religieux ou politiques afin de faire voir ce qu’il en est, d’en chier, à tous ceux qui seront réfractaires à mes choix. À partir de ce vendredi 16 octobre 2015, il est désormais autorisé d’interdire tout ce qui ne me convient pas. À savoir :

Premier décret du 16 octobre 2015, il est désormais formellement interdit de rouler sur des trottoirs et sur des passages piétons quand on est à vélo, en scooter ou sur une planche à roulettes. La sanction sera aggravée si le contrevenant fait du bruit tout en enfreignant la loi : mobylette au pot arrangé pour faire croire qu’on est sur une moto, planche à roulettes non silencieuse et vélo avec sonnette pour montrer aux piétons qu’ils gênent le cycliste. Est à l’étude un moyen mécanique d’empêcher ça afin de respecter ceux qui marchent. On va sans doute installer des petits picots sur les trottoirs, antidérapants pour les gens à pieds mais capables de crever tout pneu de deux roues. Affaire à suivre.

Deuxième décret du 16 octobre 2015, il est désormais interdit de laisser un enfant brailler dans la rue, dans un magasin ou sur un quai de tramway. Aux parents de lui apprendre qu’il n’est pas seul au monde et que s’il n’est pas content, il n’a qu’à fermer sa gueule. Non mais, c’est vrai, quoi ! Un enfant, ce n’est pas là pour faire ce qu’il veut. Alors, il arrête de faire un caprice et il arrête de geindre et surtout, il arrête de crier de façon stridente dans les oreilles de ceux qui ne sont pas concernés. À croire que leurs parents s’en moquent. Faute de quoi, les contrevenants se verront enfermer avec leur gueulard dans une pièce fermée et subiront des heures et des heures de braillements aigus d’enfants qui ne sont pas le leur pour leur montrer combien c’est insupportable.

Troisième décret du 16 octobre 2015, il est désormais interdit de s’asseoir sur les marches du perron de mon immeuble pour attendre le tram, manger un sandwich tout en buvant une cannette de soda ou pour fumer une cigarette. Tout comme il est désormais interdit de rester debout sur ces mêmes marches pour fumer et entraver ainsi la libre circulation des habitants de cet immeuble, dont moi. Tout contrevenant se verra puni des peines suivantes : arrosage de pipi et d’eau de javel sous les fesses de ceux qui s’assoient, menottage aux grilles pendant un temps indéterminé pour les autres, surtout quand il pleut ou qu’il fait froid. Ou les deux.

Et comme un dictateur n’en a jamais fini avec les contrariétés et qu’il ne peut attendre une autre promulgation de nouveaux décrets pour faire respecter sa loi, celui que je suis décide qu’en ce vendredi 16 octobre 2015, il pense déjà à ce qu’il va manigancer contre les automobilistes, motards, chauffeurs de taxi, véhicules de la police et autres transports en commun qui ne respectent pas le code de la route du même dictateur. Et réfléchir sérieusement à trouver une parade contre les feignants des escalators qui ne savent pas se serrer pour laisser passer les autres. Parce que, encore une fois, pour tout ça, Y EN A MARRE !