Je pense que j’ai raté une vocation. Enfin, pas vraiment raté. Elle m’est apparue sur le tard donc, je ne peux pas avoir de regret. Il n’empêche qu’aujourd’hui, à un peu plus de mon demi-siècle, je me dis que j’aurais pu être un très bon épidémiologiste. Très bon, que dis-je ? Un excellent épidémiologiste. Et que si j’aurais pu l’être à mon âge actuel, j’ai conscience que je n’aurais pas pu l’être en ayant vingt ans de moins. Car si jeunesse savait… Et moi, je ne savais pas. J’étais comme tous les autres.

Aujourd’hui, je sais. Gabin avait chanté ça dans les années 70 : je sais qu’on ne sait jamais. Sauf que moi, je ne suis pas Gabin et donc, je sais que parfois, on finit par savoir. Et concernant le sujet dont auquel il est propos dans ce billet, je sais qu’on aurait pu savoir fort de l’expérience de nos aînés, des miens en particulier et de mes fréquentations depuis toujours. Je n’en veux à personne de ne m’avoir rien dit mais quand même… Si j’aurais su…

Parce que par exemple, je sais que vieillir est contagieux : j’ai toujours eu des amis plus âgés que moi et voilà le résultat, je vieillis à vue d’œil, moi aussi et c’est une maladie génétique incurable. J’en veux pour preuve, la moins irréfutable : mes parents. Quand on s’est connus, eux et moi, ils avaient une vingtaine d’années et aujourd’hui, ils en ont 70 passés et ils m’ont transmis ça parce que moi, faites la soustraction et vous obtiendrez l’âge du capitaine.

Le temps qui passe est contagieux, lui aussi. Et de façon sournoise et diabolique. Parce que par exemple, les années passent et on n’en prend conscience que bien trop tard, quand les symptômes apparemment anodins se font de plus en plus malins. Les cernes sous les yeux qui accompagnent les rides. Je ne vais pas vous les énumérer tous, ça risquerait de plomber l’ambiance. Déjà que les jeunes qui vont lire ça s’exposent à une radiation de ma part…

Enfin, pour terminer, par exemple, les jours de la semaine aussi sont contagieux : le lundi, pour ne citer que lui, il vient toujours après le dimanche et on a beau vouloir y faire, on n’y peut rien. Et il n’existe aucun remède pour lutter contre ça. Et encore moi, je m’en sors bien, ce n’est pas le lundi qui me rend le plus malade, parce que je ne travaille pas le lundi. Mais le mardi, ouh la la, lui aussi il est super contagieux. Et c’est plus qu’un spam ou un cheval de Troie, c’est un virus à l’état pur. Brrr, ça fait froid dans le dos.