Je vous jure que tout ce qui va être dans les paragraphes qui suivent est vrai. Non seulement, je l’ai entendu de mes oreilles mais surtout, de la bouche même des intéressé(e)s. Comme quoi, aujourd’hui, il n’y a même plus besoin d’avoir honte de dire des choses pareilles. Plus de pudeur et un je-m’en-foutisme qu’on n’aurait pas soupçonné à un tel niveau ? Eh bien si, justement.

D’abord, il y a Vir..nie, ma collègue, mon ex-collègue qui a travaillé dans la même équipe que la mienne pendant quelques années, une fille bavarde, pas toujours concentrée, très motivée pour le salaire, nettement moins pour le travail bien fait. Et là, on lui offre une opportunité de passer télévendeuse au lieu de rester employée administrative. Et comme elle doit me léguer une partie du travail qu’elle faisait jusqu’à présent, des points ont été faits. En particulier au sujet du rapprochement des factures fournisseurs.

Je l’ai déjà remplacée lorsqu’elle partait en congés, par exemple, et j’ai toujours mis un point d’honneur à faire « son » travail comme le mien et surtout, comme si c’était pour ma propre entreprise, du mieux et le plus consciencieusement que je peux le faire. À tel point que les gens de la compta n’ont de cesse de dire que c’est mieux fait quand je la remplace et notre nouveau directeur a voulu comprendre certains dysfonctionnements et la conclusion a été que : « Avec Stéphane, on n’a pas (ou si peu) à revenir dessus, en général, tout se passe bien. » Et Vir..nie de répondre : « Oui, mais Stéphane, il va au fond des choses et moi, je n’ai pas envie de faire comme lui parce que je n’aime pas ça ! »

Que répondre à ça ? J’ai bien ma petite idée mais j’ai trop peur d’avoir des syndicats sur le dos parce que j’aurais suggéré qu’on ne la garde pas. Du moins, pas à un poste administratif. Après, il faut voir comment elle travaille dès qu’il ne s’agit plus d’être méticuleux voire pointilleux.

Et l’autre cas, c’est le neveu de quelqu’un qui m’est proche, dont le prénom commence par « Pie » et finit par « rre » et qui est loin d’être un foudre de guerre car, comme beaucoup de jeunes (et tant pis pour le cliché), il ne pense qu’à s’amuser : faire du surf sur les vagues de l’océan et sur Internet et sortir picoler avec ses copains. Il a 23 ans et a eu son bac in extremis à 20 ans et depuis, il s’est peut-être trouvé en suivant une filière œnologique mais tout reste à prouver. Il aimerait un travail bien payé, sans beaucoup d’heures à faire et pourquoi pas vu qu’il a passé son bac il y a trois ans, il n’hésite pas à dire qu’il a bac +3. Voilà, ça me fait rire, quand il dit ça mais en vérité, j’ai peur parce que c’est lui qui contribuera à payer ma retraite, dans quelques années.