Un week-end un peu culturel multiforme, ça sent le vrai retour de vacances, la rentrée pour les spectacles et pour la peine, deux en trois jours sans oublier une séance de cinéma. Un peu de tout depuis vendredi soir jusqu’à dimanche fin d’après-midi. De quoi occuper largement du temps libre et du plaisir en demi-teinte, globalement. Si l’un des trois objets culturels m’a enthousiasmé, l’un m’a fait rire mais qu’à moitié car je n’ai pas tout compris à cause d’une prise de son plutôt médiocre et le troisième m’a passablement ennuyé mais je suis resté jusqu’au bout car finalement, j’étais bien, assis dans mon fauteuil qui n’était pourtant pas d’orchestre. J’étais bien, là, dans le noir d’une salle obscure (je sais, ça fait répétition, mais c’est volontaire, c’est pour appuyer mon propos) après une semaine plutôt chargée en tout. Et le samedi après-midi, j’aime bien aller au cinéma. J’ai alors l’impression d’être enfin vraiment en week-end.

Boomerang, le film de François Favrat raconte une histoire de famille avec un secret du même nom. Je me suis pas mal ennuyé au début du film, probablement parce que j’étais trop fatigué et donc, la somnolence a pris le pas sur mon manque d’intérêt pour cette histoire, manque d’intérêt que je ne m’explique même pas. Heureusement pour moi, je me suis bel et bien réveillé quarante-cinq minutes avant la fin et là, j’ai pris du plaisir devant ce qui se passait sur le grand écran devant moi. Je n’ai peut-être pas eu tous les éléments pour cette fin de film mais j’ai aimé la route du Gois à Noirmoutier, filmée comme un personnage et le fait que le secret de famille soit dévoilé. Ça ne m’a pas retourné mais je suis sorti de la salle avec la réponse à la question du début du film. La veille au soir, je suis allé applaudir Jeff Panacloc et sa marionnette Jean-Marc, le petit singe très, très mal élevé. Ce ventriloque est en train de faire une tournée dans des salles combles et j’avoue qu’il m’a fait rire.

Il m’a fait rire mais pas assez parce que je n’ai pas tout compris ce que Jean-Marc disait. Une prise de son loin d’être bonne a fait baisser l’intérêt pour le show. Je pense que j’apprécierai mieux de le revoir en DVD, à l’occasion. En tout cas, Jean-Marc est étonnant, presque humain dans ses attitudes et Panacloc est brillantissime dans sa spécialité. Et ça balance, ça balance pas mal. Irrévérencieux et grossier mais jamais vulgaire, j’adore. On est loin de l’opéra Don Carlos de Verdi vu à l’Auditorium de Bordeaux, hier après-midi. Une œuvre de trois heures avec une demi-heure d’entracte. On a pris plein les oreilles, plein les yeux et plein le cœur. C’était sublime aux niveaux vocal et orchestral. La mise en scène, a priori minimaliste, était géniale avec toutes ces projections sur l’espace vide de la scène. Et les artistes étaient quasiment tous au top. Du grand art et, sous une histoire un peu compliquée, des beaux moments dramatiques avec même des larmes au coin des yeux. Une ovation pour l’ensemble du spectacle, loin de ce qu’on voit dans notre vieux Grand Théâtre.