Finalement, nous avons décidé d’écourter notre séjour aux Sables. Nous devions initialement partir vendredi, faire une halte chez les parents et rentrer samedi sur Bordeaux mais nous avons avancé notre départ à jeudi car il y a des moments dans la vie où il faut savoir s’arrêter, dire stop et passer à autre chose. Cette année n’aura pas été une grande année, sauf pendant la première semaine de nos vacances quand il y avait du monde, des rires, des échanges et qu’on se serrait un peu sur la grande table de la terrasse pour tenir tous sans que certains aient froid à cause du vent. Ce fut une première semaine avec du soleil mais avec de la fraîcheur, ce dont on peut toujours s’accommoder quand on est entre gens de bonne compagnie car la chaleur de notre affection compense certains moments de frissons. Quand on doit se couvrir car on commence à avoir la chair de poule.

Mais cette semaine, outre le fait que lundi, les derniers sont partis, que l’appartement pour 6 nous est revenu pour seulement nous deux, nous avons eu trop de place pour le temps qui nous restait à passer ici. Pour ce temps à dépenser qui allait s’annoncer un peu chiche. Moins de soleil pour ne pas dire plus de soleil du tout, du grand vent, des nuages lourds et bas et surtout, de la pluie, parfois en simple giboulée déconcertante, parfois en grosse rincée proche du déluge. Plus possible de profiter de cette grande terrasse même seulement à deux. Ou à trois avec Renée. Et mercredi matin, pour prendre le pire de la semaine, on ne savait même plus où était la mer et où était le ciel tant ils étaient tristement proches l’un de l’autre. Heureusement ( ?) il y avait les vagues de l’océan qui étaient bel et bien vivantes, ça compensait les nuages, qui étaient leur reflet fixe.

Alors, nous nous sommes invités pour un voyage de retour en bonne et due forme. Nous étions un peu allégés car nous ne sommes revenus qu’à deux au lieu des trois de l’aller. Nous avons libéré Christophe qui faisait partie de ma vie depuis vingt-deux ans sans que je ne l’aie jamais connu. Mardi dernier, à 10h, dans une petite crique, une petite bande de plage sur la route du Puits d’Enfer, alors que la marée descendait et allait l’emporter avec elle. Nous lui avons dit au-revoir, surtout le président. Et ça aussi, ça participe au fait que pour cette année, tout ce qui devait être fait a été fait, tout ce qui devait être vécu a été vécu. Alors pourquoi insister ? Pourquoi vouloir en faire plus ? Il faut savoir s’arrêter quand le moment est venu et accepter l’invitation au voyage du retour chez soi. Ce qui n’est pas rien, j’aime aussi beaucoup ça, revenir chez moi.