Hier matin, ce furent les derniers départs de la maison, les derniers invités qui prenaient la route. Et ce fut rapidement l’heure des premiers bilans de ces vacances sablaises, cuvée 2015. Une première semaine plutôt réussie, plein de monde, pleine de soleil même si plein aussi de vent et de fraîcheur. Une semaine d’agapes autour de la table de la terrasse. Le soir, devant des couchers de soleil dignes des plus grands tableaux des impressionnistes. Devant la rade qui s’assombrissait à vue d’œil. Et nous étions bien, à partager des repas sans prétention mais toujours réussis. Avec des produits du jardin et quelques verres pétillants. Les yeux aussi. Des rires et des débats passionnés. Des moments importants quand on est bien.

Mais hier matin, ce furent les derniers départs. Ceux des parents et du patron. On aurait aimé ne pas être lundi matin mais revenir en arrière. Peut-être pas à dimanche matin car on ne peut pas dire qu’avant-hier restera dans les annales mais revenir à samedi pour savoir qu’on a encore deux jours devant nous, retrouver la plage et les marches dans les vagues. Revenir aux jours meilleurs comme le sont souvent ceux d’avant. C’est vrai, ça, même si l’avenir peut réserver des belles surprises, c’était quand même toujours mieux avant. Et tant pis si ça fait vieux ronchon. En tout cas, la fin de notre séjour s’annonce fraîche, venteuse et particulièrement humide. De quoi ne plus mettre le nez dehors jusqu’au retour sur Bordeaux.

En tout cas, dimanche, la réception avec des amis du président pas vus depuis 19 ans (et moi, je ne les avais vus qu’une seule fois), peut-on dire que ce fut une réussite ? On peut se le demander. Un déjeuner en demi-teinte. Une ambiance étrange. Une famille invitée tout aussi bizarre. Le père, soixante-cinq ans qui en fait dix ou vingt de plus, atteint d’un début d’Alzheimer ; la fille, déficiente mentale de trente-cinq ans, qui en fait vingt de moins (sans doute pour faire le pendant de son père) et la mère, mère courage qui les gère au quotidien tout en gardant un œil (via son Smartphone) sur son fils, quarante-deux ans, ex-alcoolique, ex-SDF et tout et tout. La pauvre femme, tant de fardeaux. Il ne manquerait plus qu’elle ait des hémorroïdes pour couronner le tout.

En tout cas, en attendant la tempête d’hier après-midi, la tempête annoncée par Météo France, j’ai pris le parti de me reposer. Me reposer totalement, pour une fois. Bouquiner sur un des gros fauteuils du séjour, dos aux fenêtres pour ne pas être embêté pour lire. Et j’ai aussi envisagé de me laisser aller si l’endormissement me prenait. Mais j’ai aussi hésité avec l’envie subite d’aller voir Marguerite en avant-première au cinéma des Sables. Le film avec Catherine Frot. Envie d’y aller et flemme de sortir la voiture car le cinéma, ici, c’est loin. Alors ma foi, comme j’ai écrit ce billet hier, justement, avant de prendre ma décision, je ne peux pas encore dit quel aura été mon choix. Ce sera comme une surprise, si j’ai choisi la solution salle obscure et grand écran.

À l’heure où j’écrivais ce billet, j’avais eu les parents au téléphone, ils sont bien rentrés. Les deux colis sont bien arrivés comme m’a dit mon père. Et j’avais déjà eu le patron une première fois, alors qu’il était à l’aire de Deuil sur le Mignon. Il avait plus de route à faire que mes parents. Deux fois plus. Mais il avait le temps. Sauf que moi j’aurais préféré que les trois aient plus le temps de rester un jour ou deux de plus. Mais ils ont choisi de rentrer chacun chez eux et on ne peut forcer personne. Surtout qu’avec le mauvais temps qui était annoncé, sans doute que les jours supplémentaires n’auraient pas été aussi bien que les précédents, ceux déjà passés. Ils sont partis et moi, j’ai un peu de vague à l’âme. Comme l’océan a des vagues et des lames. Sous le vent.