Le plus déraisonnable, quand nous sommes ainsi, en bande organisée, aux Sables (ou à Biscarrosse), c’est que nous ne nous privons de rien et que les repas, même si nous faisons un peu attention à bien alléger les repas, ça ne marche que de l’entrée au plat principal (quand il y en a un – parfois, il y a plusieurs entrées). Oui, du genre : soupe de légumes ou soupe de poissons faite maison par Renée (qui est très douée pour ça, même encore maintenant, à plus de quatre-vingt ans) et salade de tomates du jardin de chez les parents (après d’éventuelles huîtres). De quoi faire rougir de satisfaction n’importe quel diététicien.

Là où ça se gâte légèrement, c’est pour le plateau de fromages. Ici, en Vendée, on a quelques beaux spécimens de fromages locaux à base de lait de vache, de lait de chèvre ou des deux mélangés. Et si les fromages à pâte molle comme la Mizotte sont connus depuis très longtemps, on trouve nombre de tommes, de fromages à pâte cuite et quelques-uns plus originaux (et sans doute plus récents) comme le bleu de chèvre ou celui, avec sa marbrure de charbon comme le Morbier. De quoi régaler tous les amateurs et même ceux qui sont un peu plus difficiles à satisfaire car on va du très peu goûteux au plus fort tout en restant dans la moyenne du supportable.

Et ensuite, ce sont les desserts. Comme nous en faisons un nous-mêmes et que Renée en prépare un, elle-même, de son côté, avant de nous rejoindre l’après-midi, nous avons toujours fromages et desserts au pluriel, surtout les soirs, au dîner, ce moment privilégié où on a passé une bonne journée et que nous sommes bien ensemble avant la nuit qui arrive. Avant-hier soir ? Tarte aux mûres (ramassées par nos petites-mains) avec des petites meringues et merveilles au sucre. Rien que de très léger puisque tout est fait maison. Ah, j’oubliais qu’il restait du tourteau fromager, on l’a mis sur la table, lui aussi. Mais il en est resté. Alors, ce matin, il est là, pour le petit-déjeuner.